On ne va pas vous faire l’affront de vous re-présenter le Dekmantel – si vous êtes arrivés jusqu’ici, il y a 90% de chances pour que vous connaissiez déjà la « petite » sauterie des bois d’Amsterdam. D’abord connu pour avoir amené en ses terres une série de têtes d’affiches impressionnante, Dekmantel a su évoluer au fil des années et s’adapter à l’exigence grandissante de son public. Il n’y a d’ailleurs qu’à regarder le teaser de sa 1ère édition pour réaliser à quel point la vision des musiques électroniques dites « à la pointe » a pu changer depuis 2013 :

Bref, sept ans plus tard, les festivals électroniques courent toujours tous après la reconnaissance internationale du Dekmantel. Si son ajustement à des petites jauges et son organisation plein-air et hors club ont fait partie du vent de nouveauté qui a soufflé sur les événements électro circa 2013, on peut se demander à quoi le festival d’Amsterdam tient sa popularité sur la longueur.

On a posé la question à Judaah, label-man de BFDM, dont la maison aura son propre showcase sur le samedi du Dekmantel, avec J-Zbel, Low Jack et lui-même au programme : « Les moyens sont mis sur toutes les scènes, les sound systems sont bons et puis le spot est cool, il y a de l’espace pour circuler. C’est la 3ème année que je fais le festival et c’est toujours une bonne expérience. C’est cool de voir que de grosses structures comme le Dekmantel sont attentives à ce que l’on fait. Ça fait partie des meilleurs festivals qui soient en termes d’orga. »

L’édition 2019 a effectivement vu débarquer un surplus d’artistes émergents dans sa programmation, toujours dantesque mais qui se teinte aujourd’hui d’une touche plus expé (Demdike Stare, Yves Tumor, Slikback, Bear Bones Lay Low, etc.). Une évolution dans la programmation qui semble plaire à beaucoup, y compris Judaah : « J’ai l’impression qu’ils s’ouvrent à de nouveaux styles cette année. Pendant longtemps la programmation a été très orientée house/disco, avec souvent les mêmes têtes d’affiches, ce qui n’était pas forcément excitant. Là on a l’impression qu’ils prennent plus de risques. Après ils peuvent se le permettre aujourd’hui. »

Ce à quoi il faut qu’on pose la question évidente : le Dekmantel a t-il atteint le stade de reconnaissance où il peut tout se permettre, car le public suivra quels que soient ses choix artistiques ?

« Oui, c’est devenu un événement de référence. Comme le Berghain, ce sera toujours rempli, quoi qu’ils fassent, ils surfent sur une notoriété absolue. Mais dieu sait que construire un festival de cet ampleur demande des sacrifices à tous les étages au début. 

« L’année dernière c’était déjà cool de voir des Errorsmith, Special Request, Source Direct, Goldie, DJ Randall, Elena Colombi. Un bon mix assez éclectique, pas uniquement focus sur la house, disco et tech house ». Il ne nous reste donc plus qu’à demander à Judaah ce qu’il faudra aller voir cette année à l’Amsterdamse Bos : « Batu, Cybotron, DJ Storm, Galaxian, Equiknoxx, Mala, Nosedrip, Skee Mask, Slikback, Tsuzing, Yves Tumor, et le live de J-Zbel ! »

Retrouvrez le line-up entier ci-dessous et sur le site du Dekmantel.Dekmantel line-up