Pour le moins surprenant, le nouvel album de David August prend une tournure inattendue : ses spectres musicaux ont désormais une attraction tangible vers l’ambient et l’expérimentation. Si l’on suit les sorties du producteur, on observera qu’il s’est d’abord lancé dans la deep house, fruit de son premier album et de ses premiers « hits parade » électroniques qui l’ont fait jouer dans le monde entier.

Puis une vague de recherche plus poussée l’a prise et il s’est cherché, tant dans sa musique que dans son moi intérieur. La collaboration avec le Deutsches Symphonic Orchester en 2016 montre déjà un intérêt pour la fusion des genres et du live, délaissant l’ordinateur pour les machines et les instruments. La tourmente est très visible dans cette création, on peut facilement se laisser happer par des tourbillons synthétiques, comme si une main nous tirait constamment vers le bas malgré nos efforts pour nous relever.

La pause ambient

David a exprimé son souhait de se retirer un moment de la vie d’artiste suite à ce live, pour méditer, se concentrer sur autre chose. Il sort d’abord un album ambient en début d’année, DCXXXIX A.C, et le signe sur son propre label – créé pour l’occasion – 99CHANTS.

On voit là un désir clair de retour aux sources, d’épuration des sens et de la vision artistique. Fini les fioritures, la recherche de l’immaculée s’opère comme un mode de vie, et l’on se sent presque pousser des ailes en l’écoutant. David August montre un nouveau pan de sa créativité, qu’il découvre en même temps que nous. L’album s’écoute d’une traite, comme une composition entière, un souffle profond qui impulse de l’oxygène dans chaque cellule de notre corps. Et l’on contemple une à une ces implosions d’énergies.

L’explosion de lumière

Il aura fallu à peine quelques mois avant qu’August ne refasse surface avec un album qui s’affiche en digne successeur du présent, D’Angelo. Aussi fort qu’une éclaircie post-moyenâgeuse, cet album semble presque vivant tellement il respire. Plus dynamique que le précédent, on y observe à nouveau du rythme, de la cadence. La batterie reprend une place centrale dans les compositions, comme une lueur d’espoir dans le retour du rythme. August y chante même, et se livre ainsi avec bien plus de force que lors de sa période deep house. On y entend d’ailleurs un écho assez net à l’album Psychic de Darkside, dans les voix, les rythmes, la partition.

La lumière n’est jamais aussi belle que lorsqu’elle émane naturellement. David August a peut être trouvé son crépuscule dans les fin fonds de son Italie natale, là où les prémices des arts et de la civilisation latine s’est construite. Liberté, quand tu nous tiens.

L’album D’Angelo est disponible partout sur le net.