Les 9 et 10 mars derniers s’est déroulé en terre Lisboète le LDF – ou Lisboa Dance Festival. L’occasion toute rêvée pour aller s’encanailler en terre étrangère et plonger sans filet dans la nuit locale.

Il y a un certain charme à se rendre dans un festival de musique à l’étranger – d’autant plus quand celui-ci est électronique. La nouveauté et la découverte inhérentes au voyage se transportent également sur les lieux de la fête – qu’ils soient naturels ou bien fait de béton. On est irrémédiablement plus libre, plus ouvert aussi. La barrière de la langue qui peut s’appliquer nous donne étrangement envie d’aller vers l’autre, et l’expérience n’en est que plus belle. Non pas que le simple fait d’être dans un pays voisin diminue notre envie ou notre niveau d’exigence – mais puisque nous sommes en voyage, le festival ne se limite plus à lui-même. L’à-côté devient source de plaisir.

Et dans une ville telle que Lisbonne, les à-côtés sont légions. Soleil – bon, ce coup-ci, la chance nous a largement échappés – nourriture fraiche et délicieuse, ville si mignonne que chaque coin de mur est un appel à Instagram, proximité avec la mer, les pasteis de Belem – et donc, le Lisboa Dance Festival. Réparti sur deux nuits, les vendredi et samedi, le festival propose un panorama qui se veut assez global des scènes actuelles européennes. Steffi, Monoloc, Max Graef, Midland, Saoirse, Leon Vynehall, Truncate ou encore Optimo – voilà pour les têtes d’affiches strictly djs. Des incartades pop ont été faites, en les personnes de Romare et son full live band et NAO, douceur parmi les douceurs. Un seul hic : les horaires, s’étalant de 20h à 4h – un poil trop tôt pour nous, français qui se laissent vivre.

Le premier soir est donc la découverte du lieu – ou plutôt des lieux, tant le festival semble étalé à l’intérieur d’un complexe de warehouses. Cinq scènes découpent la programmation (dont une seulement ouverte jusqu’à 21h) et on se ballade tout doucement d’un endroit à l’autre. L’une est une succession de grandes caves voutées, en pierre. L’autre ressemble globalement à une salle des fêtes. Une autre, à l’étage, dégage une impression de lâcher-prise, comme si sur cette scène, tout était permis. La phase de repérage faite, un tour au bar. Ici au Portugal, le coût de la vie est un peu plus faible qu’en France. C’est toujours ça de pris sur les tarifs prohibitifs des consos à 9€ – inutile de nommer les coupables, vous les connaissez.

L’ambiance est détendue, bon enfant ; on entend beaucoup de conversations en anglais, preuve que le festival séduit les touristes et les expatriés. Max Graef nous cajole à notre arrivée, puis Optimo, dans une autre salle, sonne la charge techno bien trop tôt, devant une salle un peu vide. Direction Romare qui met tout le monde d’accord avant que Leon Vynehall ne vienne clore les débats. House percussive et énergie vibrante, le meilleur set du soir lui revient. Oh, on se surprend tout de même à lever les bras devant Octave One – non pas que cela soit mauvais, mais disons un peu pompier, voir facile. Il est déjà quatre heures, est-ce qu’on a déjà insisté sur le fait que cela soit un peu trop tôt ?

Le lendemain, après une visite bucolique de la ville sous un mauvais vent, des averses traitres et des nuages menaçants – qui a osé dire que Lisbonne était une destination de « soleil » ? – rebelote. Direction le nord-est de la ville, le long du littoral, pour une nuit tout feu tout flamme. Car si la veille manquait un peu de fréquentation et donc de folie, celle-ci est pleine à craquer. On atterrit devant Midland qui, saisissant l’enjeu du soir et l’envie du public, donne tout. Et ce n’est pas Steffi, qui lui succède dans la salle principale, qui va le contredire.

Pour le reste, s’en suivra un aller-retour frénétique entre l’allemande et Truncate, qui officie dans la salle décrite plus haut comme « la scène où tout est permis ». Sa techno très musclée mais pas ennuyeuse résonne dans cette sorte de salle de classe géante, où nos pas glissent sur le lino trempé. On est entouré de fumée et des masques de loup – le sponsor est une célèbre marque de vodka – apparaissent dans le noir. C’est à la fois grisant et légèrement troublant, et c’est encore une fois trop tôt que la nuit se termine.

La suite du week-end est anecdotique – entre selfies et souvenirs pour la famille. Mais cette édition du Lisboa Dance Festival restera comme une belle réussite dans une ville qui ne finit plus de gagner les faveurs des fêtards. Un mélange malin d’influences et une volonté de faire rayonner la ville à l’international, en incluant DJ locaux (malheureusement trop peu présents) et vedettes des circuits habituels.

« Até o ano que vem ! » (à l’année prochaine)