Le son comme langage universel, comme vecteur artistique sans frontières, c’est la direction prise par le festival Phonetics, qui réunit des artistes dans une ville différente du monde chaque année afin de célébrer la création sans limites. Douze artistes, quinze jours de résidences, où improvisations et synergies sont les mots d’ordre. Pour la première édition à Alger, on pouvait compter sur des artistes comme NSDOS, Champ Libre, Myako ou Rudy Decellière. Toutes inédites, les compositions et performances du festival sont pensées et créées lors des 15 jours de résidence qui précèdent l’événement.

Ouvert à tous, le festival prône l’inclusion et l’accessibilité de l’art, mais aussi le décloisonnement social de la culture, en s’ancrant spécialement dans des villes aux multiples visages. Cette année la ville d’échange est Beyrouth, mais en raison des tensions politiques, le festival n’aura pas lieu au Liban mais à Saint-Denis, qui sera donc le terrain de jeu de Phonetics pour 2020.

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Huit lieux identifiés dans la ville

Le festival a choisi d’investir la ville dans huit lieux emblématiques pour un parcours sonore hors du commun. Au programme, des lieux comme L’Orfèvrerie qui sera le site de résidence des douze artistes présents sur cette édition, la salle de la Légion d’Honneur, le théâtre de la Belle étoile, le Musée d’Arts et d’Histoire ou encore la Halle du Marché, seront les terrains de jeu des artistes et des festivaliers pendant ces 4 jours.

De lieux de vie en nuit culturelle, le festival nous invite aussi au bar mythique le Pavillon pour une soirée Dj set, et à une soirée club sulfureuse au nouveau Sierra Neon, pour fêter les 15 ans du label Morphine Records.

Enfin, comme un véritable base arrière, la MJC ligne 13 occupera 3 événements du festival dont l’ouverture et la fermeture. Y seront présentés les travaux des résidents avec une performance de danse de Liam Warren du collectif Permadanse, des installations sonores ainsi que la fameuse Final Jam de clôture.PHONETICS-2020-beyeahQuatorze artistes pluridisciplinaires 

Maître d’orchestre de la résidence, Rabih Beiani a choisi avec les organisateurs du festival les quatorze artistes de cette deuxième édition. Tous issus de cultures différentes, ils se retrouveront au festival avec le désir commun de proposer un nouveau langage sonore, dans une démarche participative.

Parmi ces artistes, on retient notamment Zoé Mcpherson, une artiste irlandaise qui cherche dans ses performances à créer un espace à l’intersection de la musique club expérimentale et de l’art sonore. Toujours dans une dualité entre tradition et futurisme, elle s’applique à proposer une expérience totale, comme une tapisserie audiovisuelle mouvante. Son dernier LP String Figures sur le label SVS Records reflète bien ce travail de spatialisation du son.

Le travail d’Aya Metwalli nous a également marqué : artiste égyptienne remarquée sur la dernière compilation Arabstazy, Metwalli revisite la musique populaire de son pays avec des synthétiseurs et modulations de sons. Le résultat est bluffant, elle ne se ferme aucune porte et part à la rencontre du trip-hop et de l’électro, dans des titres proches du rituel de transe et diablement contemporains.

Côté scène locale, on pourra aisément se satisfaire avec Basses Terres, créateurs d’illusions sonores sur BFDM, mais aussi avec les installations sonores de Jessica Ekomane et Mika Oki, toutes deux des figures montantes de l’électronique dans sa frange expérimentale. Egalement, le collectif marseillais Permadanse s’invite à la danse avec deux de ses membres les plus prestigieux : Liam Warren et Andrew Graham, pour des performances en mouvement sur les pièces sonores des résidents.

Toute la programmation n’est pas encore dévoilée, et il semblerait que bien des surprises nous attendent pour ce festival du futur. Rendez-vous du 20 au 25 mai à Saint Denis.