UPDATE : Suite à l’évolution de la situation sanitaire en Bouches-du-Rhône, le festival Encore Encore a malheureusement dû annuler sa première édition.


Alors que le monde de la culture se réveille du confinement avec une mauvaise gueule de bois, le petit nouveau Encore Encore ! fait office d’irréductible en annonçant une programmation alléchante. Lancer un festival en temps de COVID ? Beaucoup ont pris les organisateurs pour des kamikazes, et pourtant, on commence à y croire dur comme fer nous aussi.

C’est à une bonne heure de Marseille, dans le village bio de Correns qu’a choisi de s’installer la petite bande déterminée. Une bouffée d’air frais après de longs mois de livestream sur Facebook. Prévu pour le dernier weekend d’août, la programmation est pointue et éclectique, un savant dosage entre scène locale et pointures nationales ou européennes : outre les têtes d’affiche C.A.R. et Chloé, on pourra compter sur la DJ marocaine Glitter, le bruxellois DC Salas, ou encore OK Lou et ses notes planantes qui partagent l’affiche avec toute une flopée d’artistes du sud, dont Mystique, Malcolm et Lion’s Drums.

C’est au Laboratoire des Possibles qu’on doit cette initiative. Trublion du monde de la nuit marseillais, à l’origine, entre autres, des soirées Mouillettes, le « LAB » est une équipe qui a fait ses preuves, et avec qui on a décidé de discuter pour mieux comprendre l’aventure dans laquelle ils se sont lancés.

Un pari risqué

Pour beaucoup dans l’équipe, on ressentait le besoin de s’établir dans un nouveau lieu. On travaille avec différentes salles qu’on adore à Marseille et ailleurs, mais on avait besoin de fixer notre identité plus fermement, de la communication au catering” explique Anne Segallou, qui gère la communication du festival. Encore Encore est donc le nouveau bébé de l’équipe, sous sa forme la plus aboutie. Et s’il a été annoncé pendant cette étrange période de confinement, voilà plus d’un an que le projet germe et se concrétise.

C’est très étrange de réfléchir à la fête dans cette ambiance de fin du monde. Mais ne pas abandonner, c’est aussi une forme de résistance.

On partage leur enthousiasme, mais les interrogations planent. À quoi ressemblera la fête sous COVID ? Va-t-on tous danser avec nos masques, à un mètre cinquante de distance ? Et même si c’est autorisé et bon pour notre santé mentale, n’est-ce pas un peu dangereux de réunir un petit millier de personnes au beau milieu de la pampa Varoise ?

Effectivement dans cette période, on peut se dire que c’est une façon d’amener une lumière, un peu d’espoir. Mais on garde en tête ce contexte si particulier. Si le festival a lieu, ça sera dans les conditions imposées.” nous rassure Harold Boué, programmateur. Des conditions qui d’ailleurs, risquent de mettre en péril les ambitions 100% bio de l’évènement. Alors que l’équipe imaginait mettre les festivaliers à la vaisselle, comme en colo, le spectre des couverts jetables se profile déjà, imposé par les gestes barrières.

La programmation pourrait elle aussi y laisser des plumes : même si le festival a misé sur nombre d’artistes locaux, une incertitude plane pour quelques noms, partis se confiner à l’autre bout du monde. 

Passion inclusion

Dans cette aventure, le Laboratoire des Possibles témoigne d’une réelle volonté d’inclusion, à commencer par celle des habitants de Correns, sans qui il serait difficile d’organiser quoi que ce soit. “On a vraiment envie de faire le festival en accord avec le village, de travailler avec la mairie autant qu’avec les habitants, explique Harold Boué, qui entretient un lien fort avec Correns depuis de nombreuses années. C’est d’ailleurs en référence au village qu’on a nommé le festival Encore Encore”. Des bénévoles à la restauration, l’événement sera aussi local que possible.

L’équipe fait également preuve d’inclusion en proposant un festival accessible financièrement, avec un pass early bird à 30 euros (déjà sold out). Enfin, et on les connaît pour ça, un véritable effort est fait au niveau de la parité, tant dans l’équipe organisatrice que dans la programmation. “C’est un aspect qui nous tient à coeur, mais on n’a pas forcément envie d’axer notre communication dessus. Pour nous, ça devrait être la norme, pas un argument marketing” précise Anne Ségalou. L’équipe est par ailleurs très proche de J.O.I, DJ et organisateur des soirées trans Shemale Trouble, et a choisi de confier un atelier de stop motion à l’artiste Abel de Mai, membre du collectif techno-queer marseillais Discordance.

Avis aux intéressés, la jauge initiale est assez restreinte, et le sera peut-être encore plus en fonction des arrêtés pris par le gouvernement. Toutes les infos par ici.

encore encore festival 2020