Prenez le jardin d’un château médiéval comme terrain de jeu pour 10 000 festivaliers, imprégnez la programmation musicale de collectifs pointus et motivés, ajoutez une bonne dose de magie et d’excitant : vous avez la recette du festival Château Perché. Depuis seulement trois ans, l’événement a su répandre une onde toute particulière dans le spectre des festivals français. Le concept d’une fête libre et libérée y est poussé à son comble : trois jours de musique non-stop autour de dix scènes cachées dans les bois, avec pour seule aide pour les trouver, votre curiosité (et un peu de son). Aucun plan n’est distribué, il n’est pas question de faire les touristes avec un dépliant. Il faut se laisser guider par vos sens pour trouver ce que vous cherchez.

chateau perché festival 2018Navigation à l’aveugle à travers les scènes

Lorsqu’on passe la porte du festival, on sait déjà que l’on s’aventure dans un autre monde. Des bénévoles déguisés des pieds à la tête vous somment de faire un limbo, et la faune festivalière locale ressemble à des êtres féériques. On découvre alors toutes les scènes, immersives et décorées à souhait dans l’univers des collectifs qui en avaient la gestion. Une scène de live « No CDJ Here » faisaient résonner guitare, saxo, tambours et fanfares sur des tapis marocains. Une des scènes les plus fréquentées, le Carré des Platanes, offre un stand de repli sous les arbres avec une sélection musicale plutôt chill et tech-house.

Fuite en avant vers le Château, où l’on découvre le Hall de la Gare, une cour déguisée en antre mystique, qui dès les premières lueurs de la nuit nous éblouit par des jeux de lumière surprenants. Nous y avons d’ailleurs vu le très bon set de Sweely, lyonnais en instance de percer.

chateau perché festival 2018Lives ambient et psybiant au petit matin

Notre scène préférée était la Ketashima, une parenthèse ambient dans le creux du bois, dont l’ambiance très calme laissait de la place pour de l’électro plus mentale. Très recommandée pour commencer la journée jusqu’au midi, se balancer dans les arbres et somnoler sur les matelas environnants. Nous ysommes au passage tombés sous le charme du live modulaire de Lopal et de Sub Accent.

La timetable était introuvable et peut-être fut-ce exprès, c’est pourquoi nous n’aurons que peu de recommandations musicales à vous donner. L’errance fait partie de l’expérience, on ne vous le cachepas. La scène techno Le Bout du Canal était certainement la plus impressionnante : une scène sur l’eau avec des projections sur le château au loin, même si son terrain en pente aura valu quelques belles chutes.

chateau perché festival 2018L’énergie émanante du festival est d’une positivité exemplaire, le public joue le jeu des costumes, aime se perdre ente les scènes et prend plaisir à parler aux autres tout en se donnant à la musique. Bref; Château Perché a réussi à créer une parenthèse digne d’un conte de fée, qui cache cependant quelques soucis logistiques. En effet, l’organisation n’avait pas prévu de camping pour les festivaliers, seul le camping des bénévoles étant équipé de toilettes, douches, nourritures etc. Pour tous les autres, il fallait passer un contrôle de sécurité et parfois attendre longtemps avant d’accéder au minimum nécessaire à la survie pour la vie en camping. Dur d’accepter qu’un festival de cette envergure puisse laisser en toute conscience son public – qui soit dit en passant paye pour le service – livré à lui-même en pleine canicule. La fête libre l’est si chacun se responsabilise, en premier lieu les organisateurs. À bon entendeur.

Bonus : DJ set OFNI stage et Wuza stage