Pour ce nouveau numéro sur la scène parisienne, on a contacté Le Pas-Sage pour qu’ils nous parlent un peu de leur actu mais surtout, de leur démarche en tant qu’organisateurs de soirées. La particularité et la force de ce collectif est de proposer des soirées sans aucune limite de style, où l’on peut aussi bien retrouver de la house chaloupée que de la drum&bass bien vénère, le tout dans des lieux atypiques.

Leur derniers événements se sont déroulés soit en squat, soit en proche banlieue, dans des zones pas ou peu exploitées et à des prix (boissons comme entrées) défiant toute concurrence. Ce qui a le mérite de les rendre plus cools que la plupart des soirées parisiennes : avec la nuit « institutionnalisée » telle qu’elle l’est 2016, cette liberté sur presque tous les plans pèse sur la balance, ce qui nous a convaincus de leur tendre le micro.

C’est quoi Le Pas-Sage ?

Officiellement, le Pas-Sage est une association qui promeut la musique électronique en organisant des évènements pluri-artistiques. Mais bon, le Pas-Sage c’est avant tout une grande bande de potes un peu barjots.

Nos premières teufs ont eu lieu au Fort de Buc, un fort militaire abandonné derrière Versailles. On faisait ça avec une équipe déjantée venant de l’ouest parisien. On a tous eu envie d’aller plus loin, on avait la même vision de la fête libre donc ça s’est fait assez naturellement. Et puis le Pas-Sage c’est aussi la réunion de 14 personnalités qui se complètent assez bien. Le collectif comprend des graphistes, musiciens, graffeurs, DJs, etc. Donc plus qu’un collectif de teufeur, on est avant tout un collectif d’artistes.

Pas-Sage

Qu’est-ce qui vous différencie d’un autre collectif parisien ?

On travaille toujours à créer une ambiance générale. Le leitmotiv ce n’est pas « le son », donc pas de têtes d’affiches chez nous pour l’instant ! Notre objectif, c’est plutôt de permettre la synergie entre le public, le son – qu’on aime bien méchant et à l’ancienne -, la scénographie et des activités que nous proposons à côté : performances vidéos, expositions, stands, jeux vidéo, jeux de société, friperie, librairie… Et puis l’autre grande différence c’est qu’on propose toujours des prix assez bas !

C’est quoi votre définition de LA bonne soirée ?

Un fat immeuble de six étages avec une ambiance différente par étage, des coins pour se poser partout, des œuvres et des performances artistiques, des dessins et des couleurs sur les murs, un coin jeux vidéo, tout plein de stands, des gens déguisés sans complexe, des découvertes dans les recoins ET tout ça pour un prix raisonnable (rires).

Après la bonne soirée doit aussi sortir du triptyque « métro-techno-défonce-dodo ». La bonne teuf est celle qui te propose un cadre plus large. Il faut qu’on puisse y identifier des valeurs artistiques, qu’on puisse sentir qu’on fait partie d’un véritable mouvement libertaire et comprendre les origines subversives du milieu. Il faut pouvoir y découvrir des petits artistes, des infos, des personnes. Bref, la bonne soirée est celle qui te change.

Pas-Sage

On vous voit rarement dans le paysage du clubbing parisien. C’est volontaire ?

Oui ! On n’est pas très fans des clubs de Paris et de l’ambiance qui y règne. Lorsqu’on organise un événement, on se donne à fond, notamment dans la scénographie, et malheureusement cet aspect reste assez limité en club. Et puis on souhaite pouvoir fixer nos prix (entrée, bar, vestiaire) à chaque événement, ce qui est compliqué lorsqu’il faut dealer avec un patron de club. Alors on préfère investir des spots pas trop connus et souvent oubliés du grand public, où on peut vraiment faire ce dont on a envie, et proposer des événements de qualité, intimistes et bon enfant. Notre objectif n’est pas de véhiculer un esprit clubbing mais un esprit rave.

Pas-Sage

Vous avez des choses prévues dans les prochains mois ?

On vient de fêter notre deuxième anniversaire qui ne s’est pas exactement déroulé comme on le voulait, du coup on compte revenir sur des formats qu’on affectionne plus comme le squat et la free. On ne vous en dit pas plus mais on tient à revenir sur quelque chose de plus intimiste, plus sympathique et plus associatif.

On sera également sur la deuxième édition de l’Hybride Festival organisé par nos amis du Submersible : un chouette petit festoche avec une démarche éco-responsable, organisé sur deux jours (20 et 21 Mai) dans une forêt en banlieue sud. Et on est également sur un gros projet collaboratif en plein air, prévu pour septembre et en partenariat avec la mairie du 93.

Un dernier mot pour conclure ?

Comme d’habitude on terminera par une niaiserie : l’asso n’existe que parce qu’il y a une grande famille derrière elle, c’est elle qui créé cette énergie unique et on la remercie pour ça !

La vie c’est le passage. Dire qu’elle est passage revient à dire qu’elle est action.” Gaston Berger Encyclopédie française XX, 20.02.7.

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Crédits photos ©AK