Dans l’univers de la techno contemporaine, Ricardo Villalobos est un véritable guru : ses fans l’adulent, tandis que pour ses détracteurs, ses qualités de drogué priment sur celles de musicien.

Rapide rétrospective de l’étendue des talents du dj : en 2006, il sort un track qui loope un ensemble de cuivre balkanique pendant à peu près 37 minutes, et un an plus tard, il fait un mix pour la Fabric (célèbre club londonien) n’incluant que ses nouvelles productions, ce qui est à peu près la même chose que d’arriver au mariage d’un ami pour y fêter votre propre mariage. Dans la musique du maître chilien, chaque sonorité est une porte donnant sur un nouvel univers. Sa musique est dissolue, chaotique, détaillée avec une précision maladive, mais écoutée dans sa globalité, on ressent la même chose qu’en regardant des voitures passer : au final, jamais rien ne se passe vraiment. Cependant – et ici commence l’adulation des fans – ce « rien » que nous délivre Villalobos est radicalement différent et novateur d’une production à l’autre.

Avec « Dependent and Happy », on est bien loin de Dexter. Même si tout le LP est plus ou moins dansable, il est clair que Villalobos ne se concentre pas sur ses auditeurs, mais sur un dépassement de lui-même et de ses capacités à créer à partir de nouvelles combinaisons de sons acoustiques et électroniques. Le travail de programmation des percussions est tout simplement impressionnant ; « Put Your Lips » en est un formidable exemple. C’est donc, une nouvelle fois, que Villalobos nous offre quelque chose de différent à écouter, pour, qui sait, partir en voyage là où personne n’est encore jamais allé.

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