Après une Nuit 1 mouvementée, on remet nos sneakers, des lunettes de soleil fluo et on s’ambiance pour le premier Day des Nuits Sonores 2016. Les extras battent leur plein dans la ville, on choisit de passer furtivement à l’Oyster Paradise organisée par Papa Maman, le collectif techno qui fait bouger la nuit lyonnaise. Le spot est parfait, la place Rouville offrant une vue imprenable sur la Presqu’île. Les amateurs de crustacés se régalent avec des plateaux de coquillages visqueux, nouveau remède pour la gueule de bois. On n’ira pas tenter le diable gastronomique et on filera direction La Sucrière pour la suite de ce Day 1.

MCDE a pris place aux commandes du carré magique. La scène placée au centre permet une harmonisation de l’espace et du son, ingénieux. On commence à connaître les sets de Danilo : toujours funky, disco, un brin remixés sur fond de basses. C’est la valeur sûre des amateurs de Chicago house et roller disco, qui fait danser toutes les générations sur des beats d’après-guerre ou des remix de Todd Terje. Durant cette journée à la Sucrière, il nous a fait découvrir une jeune blonde délurée, qui n’était clairement pas Antal – le boss de Rush Hour – comme prévu, mais dont l’énergie et les kicks house bien placés nous ont fait oublier la feinte de programmation.

La deuxième soirée est traditionnellement marquée par le circuit électronique, un marathon de soirées dans la ville lyonnaise. On a choisit d’aller au Transbordeur où s’enchaîne un programme latin rempli d’artistes de qualité. La nuit débute avec La Yegros, le groupe indie pop aux rythmes chamaniques qui fait remuer Buenos Aires. La voix unique de la chanteuse avec son accent argentin au couteau aiguisé transporte une salle plein à craquer. Le relais est pris par le chilien-allemand bien taré Matias Agayo qui nous livre set live dément, sa voix servant de beat samplé ajusté à une bassline qui remue les fessiers.

La chaleur des rythmes latins endiablés se fait sentir : on voit des couples danser la salsa ou la rumba, bref le train Rio Express est en route. Le voyage continuera avec la minimal perchée de Nicolas Cruz et terminera son trajet sur Onsulade, perdu dans l’Atlantide avec sa deep house Innervisionaine. On rentre chez nous avec une impression de jetlag urbain, comme secoués par une nouvelle vague qui risque d’affluer dans les sets de cet été.