Le 20 décembre dernier, le pape de la french touch, Laurent Garnier était l’invité du Sucre et d’Eleven Paris pour mixer tout le long d’une nuit démentielle. Comme si le fils prodige rentrait d’un long voyage en terre sainte, Garnier, très à son aise, a été reçu « comme à la maison » sur le rooftop du Sucre. Retour sur une soirée techno comme on en voit peu.

La nuit est déjà bien avancée quand nous arrivons, un peu éméchés, sur le toit de toutes nos promesses. La foule est déjà dense, et le son saisit nos tympans quand nous passons le pas de la porte. Parmi une vague de quidams en mouvement, éclairés par des jeux de lumières soignés qui viennent frapper notre œil, on aperçoit le grand patron, détendu, souriant. Garnier passe ce qu’il aime, des tracks de technos bestiales, pointues et qu’on arrive rarement à reconnaître. Le son tabasse sévèrement nos lobes auditifs, à coup de rythmes extatiques, d’instrumentales recherchées, de samples ultra racés, de transitions quasi-imperceptibles, qui pourtant réussissent l’exploit de nous faire basculer d’une techno violente à de la house suave. Le maître est chez lui, et malgré le fait qu’il danse, l’air détaché, accessible, il ne faut pas le prendre à la légère, il a quelques cartes dans la manche et surtout une technique impressionnante. Pas une seule fausse note, pas de transitions moyennes, pas un couac de lumière, la soirée se déroule sans accroc.

Pas de problème en vue ni du côté scène, ni sur la terrasse où nous sommes allés boire un petit Sailor Jerry. L’ambiance est très bonne au coin fumeur, mais elle ne fait pas le poids face à celle qui règne à l’intérieur, où tout le monde danse, rit et profite. La nuit file à une vitesse impressionnante, les titres s’enchaînent, profonds, impactants ou carrément sexuels, et bientôt l’aube colore le ciel. Les derniers morceaux de Laurent Garnier frappent fort, et malgré une salle qui se vide, l’ambiance devient encore plus folle, les gens montent sur la scène pour acclamer le monstre qui a mixé pendant plus de 5h d’affilées sans se fatiguer. Tandis que les lumières éclairent la salle, et signent la mort d’une très bonne soirée, nous fumons une dernière cigarette avant de descendre de notre nuage.

Merci à Laurent Garnier, le Sucre et Eleven Paris pour cette belle nuit.

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