Son nom n’indique absolument pas le type de musique que vous vous apprêtez à écouter : Jazzboy ne fait pas de jazz. Mais alors pas du tout. Il verse plutôt dans une pop libre, hors-cadre et bancale – et forcément, cela nous a tapé dans l’oeil.

Quelques singles à son actif et une poignée de concerts : la carte de visite est mince mais excitante. Pour nous, Jazzboy a surgi de presque nulle-part au cours de l’année dernière avec un titre éponyme joyeusement régressif : refrain entêtant et tous claviers dehors, quelque part entre Of Montreal et Passion Pit circa 2009. Il y a déclame son identité avec malice — « I’m a jazz boy / I wake up in the morning and i don’t know why / I’m a jazz boy« , joue des codes de l’autodérision et surtout, mets un sérieux coup de frais dans la pop française.

Il y avait ce clip aussi, qui nous a fracturé la rétine par tant de couleurs, jeux et trouvailles bizarres. Dans l’ordre, une présentatrice (sa muse, la moitié des Pirouettes Victoria Hespel) hallucinée, des rongeurs géants, un écran qui retransmet uniquement des claquements de doigts, une fleur géante qui joue de la batterie. Jazzboy — le musicien, ici — se multiplie, à l’écran comme sur cette fausse scène, enchaine les tenues et les postures dans un joyeux bazar.

Mais l’aspect ludique et léger, voir même régressif de ses clips ne doit pas cacher l’incroyable fraîcheur de ses compositions. En trois titres — Jazzboy, donc, Bored in Bora Bora et le dernier en date, Harlem, il brosse un impressionnant portrait de ses influences et fixations : un psychédélisme forcené, des mélodies riches & bancales, joyeusement fausses, tordues. Inclassables, donc.

C’est sans doute en hommage à la formidable intensité et la variété du jazz au sens large qu’il a choisi ce nom de scène : un nom libre pour une musique qui l’est tout autant, et que l’on n’a pas finie d’écouter.

Retrouvez Jazzboy sur les Internets.