Alors que la dance music envahit beat par beat certaines vagues de groupe indie, la valeur sacré du vintage se veut toujours intimement liée à la culture rock occidentale. L’emprunte laissée par Nirvana ou Sonic Youth dans l’histoire du rock alternatif criard maintient ses traces dans les esprits les plus sensibles aux guitares incendiaires et amplis brûlants, si bien que nombreuses sont les formations à perpétrer leur héritage. Le quatuor Belge It It Anita se trouve très certainement parmi ce grand mais trop discret mouvement post 90’s avide de sueur, de bière et de sons soniques déferlants dans l’ouïe.

Car c’est bien ce dont il s’agit ici : de rock hurlant, de torture harmonique et de rythmiques désarçonnées. It It Anita est un groupe qui comble les fissures musicales à grandes lignes de basses saccadées, de riffs cueillis aux fonds des tripes et de voix révoltées. Adultes ayant décidé de rester de grands enfants, les quatre Belges assomment, bombardent et manient leur musique tels des bourreaux présents pour exécuter la justice des rois du rock’n’roll tombés au chant d’honneur. Leur premier EP éponyme tiendrait dans une fiole de poison tellement l’étourdissement est là : urgentiste, impétueux et sans complexe. Jouant la carte de l’instrumentale crescendo (« G-Round »), faisant ressortir la mélancolie dans sa forme la plus pure (« Lightning Bolts And Man Hands »), It It Anita se place avant tout comme un groupe noisy tapageur qui goûte tant à Thee Oh Sees que Metz, Fidlar ou Cloud Nothings. Punk braillard (« F# »), garage rock  (« Tacoma ») ou détonation grunge (« NPR »), It It Anita joue sur tous les tableaux de façon insouciante, mais pas pour autant candide. En voyant loin, grand et surtout grondant, It It Anita chercherait presque à nous ôter l’audition.

Une éventuelle surdité qu’on apprécierait après un tel vacarme.