Ghost Culture est la nouvelle recrue très prometteuse d’Erol Alkan. Après deux EP « Mouth » et « Arms » très remarqués et appréciés autant par la presse que le public, Ghost Culture sort son premier album éponyme fin Janvier sur Phantasy Records. Son style électro dark synthétique claque et sa voix d’Angélus nous laisse rêveur. Rencontre avec un talent Outre-Manche.

Comment en es-tu arrivé à devenir Ghost Culture ?

J’ai été plongé dans la musique depuis mon plus jeune âge, j’ai appris la clarinette et le saxophone. A l’école j’écoutais le plus de musique possible. J’ai toujours su que je voulais faire de la musique mais je ne savais pas exactement comment. Je ne voulais pas aller à l’université, je voulais quelque part réaliser cette envie. J’ai commencé à travailler avec des acteurs de la musique et j’ai rencontré des personnes qui sont aujourd’hui mes amis. Une de ces personnes est Daniel Avery. Il m’a introduit à Phantasy Sound, j’ai montré mon travail, ils étaient emballés. Erol Alkan s’est alors personnellement intéressé à moi, je lui ai joué mes tracks, et aujourd’hui je sors mon premier album sur son label ! J’aurai mon album dans mes mains pour Noël, je n’arrive pas à y croire!

Quel rôle Erol Alkan a t-il joué lors de le production de ton album ?

J’ai travaillé pendant 2 ans sur cet album avant de rencontrer Erol Alkan, j’avais écrit 20 morceaux. Nous en avons gardé que 10. L’album que j’ai fait tout seul devait être retravaillé et il a joué le rôle de producteur exécutif. Il m’a aidé à finir cet album, à prendre les bonnes décisions, à me guider. Il savait quand un morceau était fini ou non, son expérience m’a beaucoup aidé. C’était difficile parfois car il voulait changer beaucoup de choses, parfois je m’y opposais, parfois je lui donnais le feu vert. Certaines modifications étaient particulièrement brillantes, je n’y aurai jamais pensé sans lui. Erol Alkan est un peu un geek dans le bon sens du terme, il travaille dur, c’est le genre de personne avec qui on aime travailler dans le monde musical. J’ai tout de suite accroché avec lui. On partage les mêmes idées et on aime les mêmes groupes de musique : Depeche Mode, New Order… Nous partageons la même conception de la musique.

Comment te sens-tu dans Phantasy Sound ? As-tu prévu de collaborer avec les artistes du label ?

C’est très excitant de faire partie de Phantasy, c’est comme un collectif, il y a une vraie âme dans ce label, c’est très cool ! Erol produit uniquement ce qu’il aime, ainsi les artistes de son label sont en général assez proches musicalement. Maintenant faire partie de ce label fait sens pour moi. Je suis pour collaborer avec d’autres artistes, mais je préfère pour le moment me concentrer sur Ghost Culture.

Certains magazines te comparent à Depeche Mode, qu’en penses-tu ?

C’est un super compliment, j’imagine que parce que je viens également d’Angleterre, la comparaison peut sembler facile. Je voulais vraiment sonner « anglais », non pas en terme d’accent (rires) mais plutôt en tant qu’identité culturelle. C’est important pour moi, c’est l’endroit d’où je viens, où j’ai grandi.

Parlons un peu de ton album, Ghost Culture. Une des tracks majeures se nomme « Giudecca ». C’est aussi une île au large de Venise.. as-tu des souvenirs à nous faire partager ?

La chanson parle du bon temps que j’ai passé sur cette île en vacances avec mes amis. C’est vraiment un morceau qui parle de sentiments heureux. Le reste de mon album tire vers le sombre, Giudecca vient contre carrer cette atmosphère. Je voulais écrire quelque chose de sympathique, d’énergétique. Elle me rappelle à chaque fois cet endroit où je rêverai de retourner, la meilleure destination du monde !

Est-ce que tu composes tes morceaux de façon spontanée ?

Lorsque j’ai une inspiration, je la note tout de suite. Je prends tout le temps mon ordinateur avec moi pour conserver toutes sortes de pensées et d’idées qui pourraient aider à ma musique. Puis je relis tout ça et je compile le tout en studio. Parfois c’est spontané, tu scratches et tu enregistres en quelques prises. Parfois il faut travailler dur et repasser sur les samples.

Le morceau « Arms » parle de la peur de l’inconnu. De quoi avais-tu peur lorsque tu l’as écrit ?

Lorsque je l’ai écrit, c’est exactement ce que je ressentais. Je me demandais, « Que va-t-il se passer ensuite? ». C’est une question qui revient souvent pour tout le monde. Je pense que c’est un questionnement récurrent de la vie. Parfois tu trouves la réponse, parfois même si tu ne la trouves pas ce n’est pas grave, tu continues ton chemin.

Lorsque l’on écoute « Glaciers », on pourrait penser à une chanson d’amour. Ghost Culture aurait-il laissé sa peur de côté pour parler de sentiments amoureux ? 

Je ne l’ai pas écrit dans cette intention, mais je comprends qu’on peut le concevoir de cette façon. Je me suis inspiré d’un poème de W.H. Auden qui dit « Pourquoi est ce que tu penses à ça? » « Pourquoi tout ceci arrive ? » . Les glaciers se brisent mais on ne les voit pas. Cette chanson évoque le fait de ne pas voir les événements extérieurs [ndlr les glaciers cassants], aussi importants qu’ils peuvent être, mais uniquement ce qui se passe en face de soi.  Vivre avec des œillères en somme.

Est-ce que la poésie à une place importante dans ton songwriting  ?

Oui, absolument. J’ai d’ailleurs travaillé les paroles de mes chansons avec une amie à moi. J’écrivais autant que je pouvais, elle m’aidait à combler les trous, suggérait certaines améliorations. Elle est brillante, elle écrit d’ailleurs ses propres poèmes. J’avais l’intention d’écrire quelque chose de poétique avec les paroles de mes morceaux. Toutes mes chansons parlent de sentiments, toutes sauf deux. Cet album est dédié à une personne en particulier.

Qu’est ce que la « Ghost Culture » ?

C’est ma métaphore pour la superficialité. Je pense que c’est la culture qui nous attend si nous n’encourageons pas les gens à faire de la musique ou de l’art pour eux et non pour l’argent. Nous n’y sommes pas encore mais on pourrait y parvenir si nous ne faisons rien! De plus en plus de personnes font de la musique pour le profit, c’est très dangereux. Un jeune qui souhaite faire de la musique comme métier est mal vu, on nous rabâche sans cesse avec l’idée de faire carrière, de gagner de l’argent, d’avoir un certain confort de vie. Si tu fais ce que tu aimes, que tu y travailles, cela peut marcher. Tu ne sauras pas si tu peux percer dans la passion qui t’anime tant que tu n’essaies pas !

Rendez-vous au Silencio le 13 janvier pour la Release Party de l’album « Ghost Culture ». Retrouvez l’univers clair obscur de Ghost Culture sur son site personnel Ghost Culture et son SoundCloud.

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