Paris, son art, sa vie culturelle et.. ses festivals ? Capitale oblige, l’offre culturelle parisienne dépasse celle des autres villes françaises, ne serait-ce que grâce à son nombre d’infrastructures. Mais c’est aussi tout un monde professionnel qui se concentre dans la capitale (groupes, labels, studios, médias, etc) et rechigne souvent à s’en extraire, excepté pour ce nouveau festival “pittoresque en pleine campagne” – comprendre ici n’importe où sauf à Paris. Et par la notoriété de la ville, il est forcément plus facile d’y voir atterrir des artistes internationaux qu’ailleurs en France. Bref, tout ces facteurs aident à expliquer la concentration impressionnante de festivals qu’on peut trouver sur la capitale. Mais comment s’y retrouver dans cette offre multiple, éclectique, parfois même carrément bordélique ? Quel évènement a su tirer son épingle du compétitif game parisien ?

Voilà notre sélection perso des meilleurs festivals parisiens, en douze choix non-hierarchisés.

Festivals Paris : Nos événements préférés

weather festivals paris

Weather Festival

Crée par l’agence de production Surpr!ze – également génitrice de la Concrete -, le Weather Festival est le temple parisien des amoureux de la techno, où les adorateurs de Carl Craig, Derrick May et Jeff Mills sauront trouver musique propice à leur dévotion. Le développement croissant du festival est aussi symbolique de l’industrialisation (pour employer les mots qui fâchent) de la nuit parisienne, celle-là même qui fait du mal aux puristes et du bien aux organisateurs.

Concrètement (oui, on assume le jeu de mot), la franchise Weather fait aujourd’hui sa loi sur la fête parisienne : d’abord annuel, l’évènement se décline aujourd’hui en version Summer, Winter.. Bientôt peut-être, la Weather Equinoxe, pour célébrer la techno appauvrie entre deux solstices vides de prédictions ?

Le + : Un line-up à faire verdir la concurrence.
Le – : Le public qui, en grandissant, aborde aussi les frontières du fêtard de la première heure et de la dernière bière, venu se déchirer la gueule à la Weather parce qu’un pote vaguement plus connecté lui a indiqué que c’était “the place to be”.
Essayez aussi : La Concrete, autre entité détenue par Surpr!ze – à essayer seulement si l’idée de faire la queue une heure ou deux ne vous fait pas fuir (ni foirer votre after).

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Paris Psych Fest

Paris International Festival Of Psychedelic Music

Le Paris Pysch Fest présente l’un des rares line-up de la ville à prendre le parti d’un style spécifique et développé. C’est donc la musique psyché sous ses multiples formes qui y est à l’honneur, avec pour l’édition 2017 des noms aussi appétissants que The Dandy Warhols, Gong, L.A. Witch, FAIRE, Traams, Biche, Le Villejuif Underground, La Mverte, une création originale de Tess Parks et les géniaux The KVB qu’on avait rencontré l’année dernière.

Par sa ligne artistique très ciblée, le Paris Pysch Fest s’adresse soit aux passionnés, soit aux vrais curieux. Et en agrémentant son concept de projections, expos et cartes blanches, le festival nous offre une expérience globale de la musique psyché sous toutes ses coutures stroboscopiques.

Le + : Un line-up avant-garde mais qui ne cède pas aux tentations de la hype.
Le – : Le festival n’a lieu qu’une seule fois par an.
Essayez aussi : Le Paris Psych Fest est un ovni avec assez peu de comparaisons possibles sur la scène parisienne, ou même française. Pour trouver d’autres Psych Fests dignes de ce nom, il faudra se déplacer vers Liverpool ou Austin.

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Paris festival we love green

We Love Green

D’abord situé à la rentrée, We Love Green s’est déplacé vers la fin mai comme pour se faire l’annonce de l’arrivée de l’été, pas toujours évidente à déceler sous le climat parisien. Comme son nom l’indique bien, We Love Green renouvelle le concept de bonne conscience écolo marketée pour un public citadin. C’est-à-dire un brin écolo mais pas trop – à comprendre que vous y verrez plus couronnes à fleurs sous fond de musique en vogue que de réel militantisme. Faudrait pas non plus se faire cataloguer Fête de l’Huma.

Le + : Vous donner une bonne conscience écolo.
Le – : Calmer cette même conscience écolo pour le reste de l’année, où vous continuerez “d’oublier” de trier vos déchets.
Essayez aussi : les Solidays, pour un line-up moins intéressant (son immense particularité étant d’avoir M et Parov Stelar en têtes d’affiches permanentes), mais une bonne cause louable.

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siestes electroniques branly

Les Siestes Electroniques

Concept à l’origine toulousain, les Siestes Electroniques se sont exportées à Paris depuis quelques années pour nous offrir leur vision de la musique live : des évènements ponctuels, soignés, recherchés. Les Siestes parisiennes se déroulent au Musée du Quai Branly, laissant aux artistes programmés la chance d’expérimenter avec la banque sonore infinie de l’institution.

Les Siestes font partie de ces évènements taillés sur un autre modèle, hors des carcans francophones classiques, n’hésitant pas à innover et tenter des choses nouvelles. Un goût pour l’aventure dont on aimerait faire plus souvent état dans notre paysage festivalier, et qui les a notamment poussés à créer la revue Audimat, format le plus abouti qu’il nous ait été donné de lire dans la presse musicale.

Le + : S’écarter de la course aux têtes d’affiches pour proposer un format innovant.
Le – : On cherche encore.
Essayez aussi : La Plage de Glazart, autre rendez-vous estival pour parisiens délaissés, dont le salaire ou le capital n’ont pas autorisé de séjour aux Maldives.

 

Villette Sonique Paris

Villette Sonique

Logé au sein de l’imposant complexe en bordure de Paris, Villette Sonique est l’un des nombreux évènements du plus grand « parc culturel » de la capitale. À la pointe d’à peu près tout ce qu’il entreprend, le festival réussit lui à conjuguer le meilleur des musiques indés et électroniques en un seul programme, et ce sans que l’un n’écrase l’autre. À titre d’exemple, l’année 2015 a vu défiler Ought, Girl Band et les Black Angels, aussi bien que Clark, Cabaret Voltaire et Andy Stott.

Le + : Voir tous les petites révolutions de l’année regroupées en un seul lieu.
Le – : Devoir bouger Porte de Pantin.
Essayez aussi : Jazz à la Villette et Villette Street, les déclinaisons jazz/soul et hip-hop du complexe de La Villette, desquelles on pourrait d’ailleurs faire autant d’éloges – sur l’ambiance tant que la programmation.

 

peacock society festival paris

Peacock Society

À l’arrivée de l’été, les festivals s’amoncèlent et se suivent sans qu’on ait bien le temps de se remettre du précédent. Parmi eux, le Peacock Society officie à la mi-juillet avec un line-up électronique surtout destiné à tabasser les enceintes.

La société du paon se déploie en un festival de deux jours au parc de Vincennes, avec un line-up comptant son bon nombre de têtes d’affiches. L’édition 2015 a notamment vu passer Kink, Jackmaster, Dixon, Flume, FKJ.. Bref, de quoi joliment débuter son break estival. À noter que la Peacock possède désormais elle aussi son édition hivernale, sûrement pour tenir tête à la domination weatherienne.

Le + : Quel que soit votre quantité d’alcool bu ou votre montant de drogues ingurgitées, vous trouverez forcément quelqu’un de plus loin que vous à la Peacock.
Le – : Un public parfois un peu trop #bouillant.
Essayez aussi : Marvellous Island, un line-up plus nuancé dans les sphères électroniques abordées, mais qui ravira tout autant ceux venus se mettre une murge pour fêter l’été.

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festival Rock en Seine

Rock en Seine

Crée en 2003 le « rendez-vous francilien » – comme certains s’aiment à l’appeler -, s’est lentement détourné de l’image du festival rock-à-papa pour migrer vers celle du rock-à-hipster, target moins exigeante mais tout aussi fructueuse. En gardant des têtes d’affiches qui font plaisir aux lecteurs de Rock & Folk tout en ouvrant l’affiche à celles qui ravissent les lecteurs de Néon, Rock en Seine s’affiche aujourd’hui comme le rendez-vous global de la fin d’été.

Le + : Vous faire une cure de jouvence en retrouvant chaque année un groupe de votre jeunesse, et réaliser que vous vieillissez bien mieux qu’eux (cf. Placebo, The Libertines, The Offspring et autres Blink182).
Le – : Le prix de la pinte que vous offrirez par politesse à cette vague connaissance à cours de jetons que vous avez eu le malheur de croiser au bar.
Essayez aussi : De faire une pause festivalière, histoire d’innover en débutant la rentrée autrement qu’à découvert.

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Pitchfork Festival Paris

Pitchfork Music Festival

Antenne française live du géant Pitchfork Media, l’édition parisienne joue sur son image de marque pour proposer un line-up marketé “bon goût indie”. Tel un skateur ou un fan de Muse, le spectateur du Pitchfork est un puriste qui ne jure que sa passion : “l’indie rock”. Le principal risque en se rendant au Pitchfork tient dans le fait de croiser cet énergumène insupportable, qui vous regardera de haut lorsque vous annoncerez vouloir voir la dernière sensation hip-hop plutôt qu’un groupe entamant une obscure reformation après avoir sorti un unique EP chez Rough Trade il y a quinze ans.

Le + : Découvrir des groupes avant que la fièvre hype ne s’empare d’eux.
Le – :  Un public composé d’experts auto-proclamés en sous-styles dont vous n’avez jamais entendu parler. Et ils vous jugeront pour ça.
Essayez aussi : Le Festival des Inrocks, rendez-vous lui aussi automnal et lui aussi indé. Vous avez dit concurrence ?

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Winter Camp festival

Winter Camp

Le Winter Camp fait partie de ces petits évènements qui permettent de découvrir une foison de jeunes groupes en devenir, et accessoirement briller plus tard en société façon “Ah, eux ? Ouais je les ai vus il y a un an déjà !”. Mais s’il en a le contenu, le festival n’a pour autant pas la posture hype : au contraire, Winter Camp flaire à vingt lieues le festival de passionnés crée pour des passionnés.

Et le concept s’étend bien au delà de l’ambition avant-gardiste : l’idée première reste d’expérimenter des nouveaux formats scéniques et de remettre en cause l’idée de “l’artiste-star”. Par exemple en installant la scène au beau milieu du public. Le genre d’ambiance secrète qui redonne l’impression d’assister à un moment unique, à une époque où les festivals font tant légion qu’ils deviennent routine.

Le + : L’ambiance intimiste
Le – : Le fait qu’ils ne dominent pas encore le monde
Essayez aussi :  Le City Sounds Festival, dont l’ambition est de mettre à l’honneur une ville et sa scène rock à chaque édition. Après San Francisco en 2013 et New-York l’année dernière, on attend encore de voir si une édition 2016 aura bien lieu.

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Macki Music Festival

Macki Music Festival

Implanté à la fin septembre, le Macki Music Festival fait partie des derniers arrivés de la scène festivalière, venu vous faire danser une dernière fois à l’air libre avant l’hibernation forcée de l’hiver parisien. L’association du collectif La Mamie’s avec Cracki Records prend part à ce renouvellement salvateur de la scène électronique qu’on vous évoquait déjà plus haut.

Le + : La chance de faire une dernière fois la cigale, avant de se retrouver fort dépourvu une fois la bise venue
Le – : Comme la plupart des nouveaux évènements parisiens, il faudra vous bouger jusqu’en banlieue.
Essayez aussi : Le MaMA, autre rendez-vous du début d’automne, qui s’adresse surtout aux pros de la musique en leur présentant la nouvelle garde française éparpillée dans les petites salles du 18ème arrondissement.

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transient festival

Transient Festival

Lui aussi nouveau sur la scène parisienne, on a choisi d’achever cette liste avec le Transient Festival pour rendre à hommage à sa démarche : mettre en valeur les cultures électroniques dans leur sens pluriel. À comprendre ici la musique, mais aussi les arts numériques qui bénéficient d’une scène toute aussi variée que le 4ème art. Si l’idée est devenue monnaie courante à l’échelle européenne (CTM Festival, Future Everything, Mutek, Resonate..), elle reste encore bien trop rare en France, où les festivals préfèrent se brasser à coup de « rendez-vous professionnels » censés prédire le futur de la culture.

Le festival qui met à l’honneur les « cultures digitales » présente donc un line-up à cheval entre expérimentations esthétiques et musiques d’avant-garde. Au programme de l’année passée figuraient Neil Landstrumm, Murcof & Malo, Lakker, Voiron, Luke Vibert et bien d’autres expérimentations visuelles et sonores.

Le + : Une approche globale des disciplines électroniques.
Le – : Des performances fortement déconseillées aux épileptiques.
Essayez aussi : Le festival Mutek, lui aussi dédié cultures électroniques, et dont des éditions existent à Montréal, Mexico et Barcelone.

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Et si vous cherchez des horizons un peu plus dépaysants pour vos prochains festivals, vous pouvez aussi aller faire un tour du côté de nos guides des meilleurs évènements de la trempe à Barcelone et en Croatie.

Photo de couverture par Jacob Khrist