Le hip hop féminin bad ass a le vent en poupe : Azealia Banks, M.I.A., Nicki Minaj, Tink, Angel Haze sont autant d’artistes qui nous ont forcé à admettre que Lil Kim et Missy Elliott avaient décidément fait beaucoup d’émules. Si nous sommes évidemment habitués à des artistes hip hop venues des Etats Unis, il est un peu plus rare que les autres pays soient représentés de manière aussi égale. C’est donc d’une rappeuse venue du grand froid dont il est question aujourd’hui : après avoir marqué les esprits avec son flow mitraillette sur « Finders Keepers« , Ana Ra est de retour avec un nouveau morceau intitulé « A.Rab ».

Si Gnučči peut être présentée comme la nouvelle sensation suédoise, c’est pourtant de Serbie dont elle est originaire. Mais c’est Londres qui fut la terre de concrétisation de ses ambitions d’artiste car c’est dans la ville anglaise qu’elle fait la connaissance de Spoek Mathambo (figure majeure du hip hop sud-africain) futur collaborateur, mentor et mari. On le ressent dans chacun de ses morceaux,  il s’agit là d’une affaire internationale. Alors qu’on ressent l’influence de la dancehall balkanique sur « Too Goodah For Them », la production de ses deux plus récentes tracks suggère l’influence prépondérante que la musique sud-africaine a sur elle (on ne peut s’empêcher de penser à Die Antwoord). On retrouve aussi un peu de la gouaille de M.I.A. chez GNUCCI; c’est d’ailleurs sur cette corde girl power débridé que joue la mise en scène du clip de « A.Rab ». La découverte de Gnucci nous permet de réaliser ceci – la Suède est décidément une terre fertile en talents émergents.