Pour ce quatrième article de la série Le Lion, la Nuit consacrée aux acteurs de la vie nocturne lyonnaise, nous nous sommes intéresséd non pas à une association ou à un collectif, mais à un club. En effet, il nous ait apparu important d’avoir à la fois les points de vue des invités et des invitants pour construire un portrait aussi large que possible de la scène locale. Pour fournir ce travail, nous avons voulu vous présenter un lieu emblématique de la presqu’île lyonnaise : le DV1.

Les débuts du club

La plupart des fêtards habitant depuis au moins un an à Lyon vous affirmeront qu’ils sont bien passés par le Different Village One du 6 rue Roger Violi, qu’ils s’en souviennent ou non. Créé en 2002 alors que la scène lyonnaise se solidifie et commence à se développer à une échelle plus régionale, le « Divin » comme on l’appelle, est à l’origine un club connu pour être gay friendly, mais aussi largement populaire parmi les hétérosexuels, qui venaient plus pour l’ambiance chaude et électrique du club que pour ses line-ups.

Surnommé avec tendresse par les lyonnais la cave des pentes, le club d’une capacité d’environ 250 personnes s’ouvre au fil des années pour finalement perdre son étiquette de club lesbien et homosexuel, et devient plus attaché à une programmation musicale originale qu’à l’orientation sexuelle de ses clients. La démocratisation de la musique électronique à Lyon, au départ fragile et portée à bout de bras par quelques artistes passionnés, y a évidemment joué pour beaucoup. La multiplication et le gain d’influence de petites boîtes de nuit similaires au DV1, l’un des premiers clubs électro de la région Rhône-Alpes, ont contribué à renforcer l’aura du lieu. En séduisant un public plus large, le lieu propose des événements de plus en plus abordables.

Le DV1 s’ouvre alors peu à peu à une conception de la musique électronique comme élément de rassemblement, dépassant les barrières de la sexualité et du cloisonnement social. C’est une réalité, une boîte de nuit était à l’origine un lieu qui servait à regrouper des communautés distinctes. L’apparition de la notion de diversité comme élément essentiel et indissociable de la fête, et d’autant plus des musiques techno et house, n’a réellement eu lieu qu’avec l’émergence des free parties, beaucoup plus libres d’accès que les clubs, plus urbains.

DV1 club lyon

Le DV1 s’est pas à pas intégré dans le mouvement pour devenir rapidement l’un des principal club festif de notre chère Ville Lumière. D’autres emboîteront le pas avec plus ou moins de succès, mais garderont toujours à l’esprit l’exemple de la cave des pentes se voulant lieu de cohésion et de fraternité musicales.

Un public de plus en plus large

Le développement du club se poursuit sans esbroufe. La programmation se diversifie petit à petit, en proposant par exemple des soirées reggae ou jazz fusion du jeudi au dimanche soir. Il y sera même organisé quelques soirées cabaret. Le public, de facto, se diversifie et se densifie également. Les soirées techno et house sont en revanche seules à afficher une véritable popularité, portées par des organisateurs pionniers qui voient en ce club une belle opportunité de faire vivre une scène musicale leur étant chère. On verra par la suite un formidable essor de la musique électronique dans les soundsystems des clubs lyonnais.

En 2012, le propriétaire met en vente le fond de commerce de ce lieu phare de la nuit lyonnaise. Repris par Yvan, amoureux devant l’éternel de la musique électronique et de sa ville, le DV1 se refait une beauté et une image auprès des noctambules. On change de décor, on retravaille l’orientation artistique. Ce changement de cap fait office de seconde naissance pour un club qui souhaite conquérir de nouvelles oreilles lyonnaises, bouillantes et désireuses de sonorités fortes apportées par des artistes émergents.

Ce renouveau coïncide avec la vraie explosion de la musique techno dans la ville, ancrant avec force sa popularité, son urbanité et sa créativité. Les clubs sont pleins, la musique est plus forte, les jeunes comme les plus âgés trouvent leur compte dans l’ensemble des nouvelles programmations. Les structures se multiplient, les têtes d’affiches deviennent monnaie courante et les fêtards sont plus enjoués que jamais. C’est le terreau idéal pour le DV1 qui voit dans l’émergence de ce mouvement très populaire une occasion de pouvoir exploiter à nouveau tout son potentiel créatif.

DV1 Club

Changement de cap et renouveau visuel

Qui dit renaissance invoque nécessairement le changement. Le nouveau DV1 décide donc de faire peau neuve en cherchant à affirmer son identité visuelle et musicale parmi le florilège des nouveaux clubs lyonnais. Yvan et son équipe d’une dizaine de personnes souhaitent que le club soit un lieu familier mais en perpétuelle évolution, à l’image de la musique qu’ils portent et soutiennent.

Ils en appellent donc à plusieurs artistes graphiques pour décorer l’intérieur du club et le rendre véritablement unique, en faire une œuvre artistique à l’échelle du lieu. Des grapheurs de notoriété européenne comme Monsta, Spe, Cart’1, Nychos ou Duke s’emparent alors des murs et peignent de grandes fresques surnaturelles et colorées, encore visibles à l’intérieur du club – notamment dans son fumoir. Témoin ultime de cette dynamique évolutive : la scénographie de la salle principale, entièrement créée par les membres du crew WSK, change de forme et de disposition tous les trois mois environ, transformant régulièrement la morphologie graphique du club.

DV1 WSK

Profondément ancré dans le paysage des clubs lyonnais et attaché à sa culture, le DV1 souhaite construire son image comme celle d’un club presque exclusivement tourné sur la qualité de sa programmation. On y retrouve bon nombre de jeunes structures et associations lyonnaises, que ce soit pour des showcases ou pour accompagner les headliners, mais aussi une liste assez extraordinaire de têtes d’affiches européennes et de véritables légendes de la musique électronique américaine, de Marshall Jefferson à DJ PierreMike Dunn et Grandmaster Flash. À en croire que les clubs sont les témoins d’époques disparates, rassemblées le soir venu autour d’un esprit commun.

Afin d’étayer nos propos, nous avons demandé à Matthis Baudet, manager du club, de répondre à quelques questions concernant l’atmosphère du DV1 et de sa place dans le paysage des boîtes de nuit lyonnaises. On le remercie fort pour nous avoir accordé un peu de son temps. Bonne lecture !

Salut Matthis ! Tout d’abord, merci d’avoir accepté de répondre à mes questions. Je voudrais commencer cette interview avec simplicité. Peux-tu nous présenter ton rôle au sein du DV1, nous expliquer un peu tes attributions ?

Mon rôle, c’est d’être un peu un « couteau suisse » pour le patron, Yvan. Objectivement, je suis là pour que tout se passe bien, que ce soit l’aspect communication, les divers projets que l’on peut avoir avec les différentes structures. C’est un rôle d’accompagnement, aussi. Yvan est très « créateur d’idées » et mon rôle va être de discuter le projet avec lui, de le seconder. Cela va passer par de petites choses, changer le gabarit facebook, gérer le site internet, mettre en place une billetterie en ligne. Ce n’est pas un rôle qui va être cantonné à un poste particulier, je vais toucher un peu à tout. Moi j’aime bien me donner le nom de manager car cela me fait un peu mousser (rires), mais en réalité il n’y a pas tant de management en soi. C’est surtout un accompagnement sur la gestion quotidienne du club.

T’es un peu l’homme à tout faire du club, et de ce fait tu travailles à la fois en interne avec le patron pour l’organisation du club, et puis également en externe avec les artistes et les différentes structures qui passent ici.

Voilà ! Mais il y aussi des structures avec lesquelles je ne travaille pas du tout en direct, car elles étaient déjà présentes bien avant mon arrivée. Il y en a quelques-unes, comme Uncivil Prod, fidèle entre les fidèles, qui travaillent directement avec Yvan. Prends Imagine, une structure entrée récemment, c’est moi qui m’en occupe. Je bosse surtout avec les structures un peu plus jeunes. Cela correspond aussi à une certaine manière de concevoir les événements et de s’adapter à la clientèle que l’on va toucher. Le public varie en fonction des différentes programmations.

C’est comme ça que l’on répartit les tâches. Mon travail est plutôt global et cela nous permet de bien avancer. C’est le nerf de la guerre pour un club, d’avancer pour donner envie aux lyonnais de venir faire la fête chez nous.

On voit au DV1 qu’il y a une forte participation des associations et collectifs lyonnais, alors que d’autres clubs font le choix de se cantonner à certaines structures. Est-ce que le DV1 cherche à donner sa chance à chacun ? C’est une vraie volonté du club ?

Oui, c’est une vraie volonté, tout d’abord parce qu’on a tous démarré à un moment ou un autre. Personnellement, si Yvan ne m’avait pas donné la chance de développer la structure que je dirigeais à l’époque (Baldwin Records) nous n’aurions pas pu sortir ce que nous voulions, nous n’aurions pas pu faire les soirées que nous voulions. C’est une vraie volonté de la part du club d’aider les jeunes structures à se développer. On remarque d’ailleurs souvent que les structures qui passent chez nous se produisent après dans plus de clubs, tout en restant fidèles à l’esprit DV1, qui est de faire découvrir aux gens un style de musique, mais aussi une façon de faire la fête.

Il faut que les gens se sentent chez eux, on a envie de constituer une grande famille. Cela passe par une mentalité qui est différente, qui ne regarde que nous. Mais nous avons vraiment envie que cela se passe de cette manière. On aime solliciter de jeunes structures pour les aider à grandir plus rapidement. On est un peu comme des hormones de croissance (rires).

D’ailleurs, j’ai remarqué également qu’une bonne partie des clubbeurs du DV1 est un cercle d’habitués, il y a un vrai fond de clientèle. Est-ce que tu pourrais étayer un peu plus l’état d’esprit du club, aussi bien au niveau artistique que structurel et organisationnel ?

Nous avons un cercle d’habitués certes même si les profils varient en fonction du plateau d’artistes, mais on est toujours content de voir que chaque soir de nouvelles têtes débarquent au club.

Pour revenir à ta question, d’un point de vue purement artistique, c’est de pouvoir à la fois offrir des grosses pointures de la musique (NDR: je regarde le mur devant moi et je peux y lire par exemple les signatures de Derrick May, Kevin Sanderson ou encore Ron Trent), mais aussi de faire découvrir de plus jeunes artistes. Tu ne verras jamais Bob Sinclar derrière les platines du DV1, parce qu’on en n’a pas les moyens financiers mais aussi pas vraiment la volonté artistique (rires). En revanche, nous avons vocation à faire une prog pointue qui reçoit des artistes de portée internationale comme des talents en devenir. Chez nous, les puristes s’y retrouvent, et cela amène également une clientèle qui a envie de découvrir cette musique-là.

Nous avons souvent eu le flair de découvrir certaines stars actuelles avant les autres d’ailleurs. Chose amusante, quand on a lancé le concept I’M, dédié aux fondateurs de la musique techno, house, aux papas de la musique, beaucoup nous ont dit qu’on aurait vite fait le tour. Quatre ans et une semaine plus tard, on reçoit Mike Dunn, l’homme le plus important du genre Chicago House et encore jamais venu à Lyon. On veut concentrer nos efforts sur cette programmation de qualité.

Est-ce que tu penses, avec l’essor à Lyon de la techno, de la house, et plus largement de la musique électronique, que le DV1 peut encore se qualifier de « club underground » sur la scène locale, à la fois par sa programmation et par son image ?

Déjà, je n’aime pas le terme « underground ». Ce n’est pas pour faire mon râleur, mais je pense qu’on ne choisit pas d’être underground. Au moment où l’on commence à classifier telle ou telle chose d’underground, cela devient un mouvement de mode, et donc par définition un mouvement mainstream. Je dirais plutôt que le DV1 est un club intimiste et pointu. C’est évident que depuis quelques années il y a un grand essor de la musique électronique à Lyon. Mais à nouveau, ce qui va faire que le public fait confiance à un club, c’est la qualité de sa programmation, la qualité du son et la qualité de son accueil. Ce sont vraiment pour nous des points névralgiques de notre organisation, pour que le club puisse perdurer et sans cesse s’améliorer.

Et de là, cela se sent-il concrètement dans l’ambiance du club, pendant les soirées, cet intimisme dont tu parlais ? Qu’est-ce qui change par rapport à un club plus grand ? Est-ce qu’il y a une meilleure atmosphère, plus de cohésion entre le public et le staff ?

La mayonnaise prend plus facilement dans un lieu à taille humaine. Comme je travaille au DV1, je n’ai pas la possibilité d’aller tous les week-ends voir comment cela se passe dans les autres clubs lyonnais. C’est un peu dommage, mais c’est le métier qui veut ça (rires). Mais il y a eu de beaux moments fraternels ici. La salle étant plus petite, le DJ est plus proche de la fosse. Il se passe des choses incroyables ! Je me souviens par exemple de NSDOS qui est venu jouer deux fois. Lors de son dernier live il y a quelques mois, c’était simplement fantastique : les gens ne communiaient plus qu’avec la musique, ils avaient carrément fusionné avec chaque putain de kick qui résonnait dans les boomers ! C’était hallucinant.

On a vu aussi pendant le set de Patrice Scott des gens qui souriaient à pleines dents, qui dansaient ensemble et qui étaient vraiment heureux. On ne cherche pas à impressionner. On se rappelle de Chez Damier posé sur le caisson de basses faisant des hugs à la quasi totalité des gens présents. Il a même repris les platines une fois tous les clients partis pour encourager le staff qui attaquait le ménage. Ce sont des moments que je n’ai vécu nulle part ailleurs. Nous cherchons vraiment à ce que les clients se sentent chez eux. Ils peuvent parler avec le staff, parler avec les artistes. C’est pour cela d’ailleurs qu’on tient absolument à ne pas avoir de loges. C’est une vraie volonté, on refuse de le faire, et cela permet par exemple de voir DJ Funk dans le fumoir en train de parler avec le public.

Cela rajoute à cet esprit que vous souhaitez très convivial. Les gens viennent en club pour écouter de la musique, mais aussi pour se relaxer, car le clubbing est fondamentalement un moment de détente. Du coup, cela me permet d’enchaîner avec un autre sujet que j’avais envie d’aborder avec toi, la problématique de la drogue et de la fête. La came a toujours été associée à ce milieu, à juste titre, mais on voit bien qu’elle continue à se démocratiser de plus en plus. Maintenant, beaucoup de jeunes viennent en boite plus pour prendre des pilules que pour écouter de la musique. Comment est-ce que tu perçois ce phénomène, et quelles sont les questions que cela soulève pour les clubs en général ?

C’est très compliqué. Personnellement, je suis un ultra de l’anti-drogue. D’un point de vue légal, notre problème est que si un mec vient refiler sa dope chez nous, on ferme. C’est arrivé à d’autres lieux dans le passé. Si tu aimes le club, tu dois le respecter et comprendre que les règles contre la drogue sont les mêmes qu’à l’extérieur. Après je ne suis pas là pour juger tel ou tel comportement.

On essaye parfois de sensibiliser notre clientèle aux dangers de la drogue en plaçant des affiches dans le club pour les prévenir entre autres que des cachets frelatés et dangereux circulent un peu de partout en Europe (on avait lu un article sur un blog spécialisé dans la musique électronique). C’est une petite pierre ajoutée à l’édifice de la sensibilisation. Un point me paraît important : de tous temps, les jeunes ont cherché des moyens de planer. On se rappelle la période de l’apogée du rock et la stigmatisation des rockers preneurs d’acides et héroïne. Maintenant, on stigmatise les teuffeurs comme des consommateurs absolus de MDMA et cocaïne. Les drogues sont surtout un phénomène de société plus qu’un comportement systématique lié à la musique.

Est-ce que tu penses, justement, qu’un club a ce devoir moral de sensibiliser les clients par rapport aux dangers de la fête, comme ne pas prendre le volant ivre ? Quelle est la place du club dans l’accompagnement des clubbeurs qui doivent pouvoir sortir et profiter en toute sécurité ?

C’est très dur. De notre côté, on offre des éthylotests aux clients qui le demandent, on a même des bouchons d’oreille ! (rires) On essaie de faire gaffe à ce que personne ne dépasse les bornes mais clairement on ne peut pas border chaque client au fond de son lit. Après on pense que nos clients sont des gens responsables et nous faisons tout pour qu’ils le restent.

Toi qui est dans le monde de la nuit lyonnaise depuis un bon bout de temps, comment tu as perçu ce changement de mentalité, cette évolution dans la façon de consommer la nuit à Lyon ? La drogue a pourtant, depuis ses débuts, toujours été très liée à l’ensemble de ces styles musicaux.

Tout a changé. J’ai démarré dans les clubs en 2005, alors que le DJ star n’était pas aussi présent. On recevait les promokits de David Guetta, c’est pour te dire. Alors imagine quelqu’un comme Yvan qui a commencé dans les années 90 et côtoyait les pionniers de sa génération comme Agoria. Il n’y avait pas tout cet enjeu financier et ceux qui voulaient vraiment se camer allaient plus dans les free parties que dans les discothèques. Dès lors que ces soirées furent interdites, il a fallu déplacer la fête ailleurs, dans les clubs, ce qui a amené une clientèle différente. Mais contrairement aux free parties, les clubs sont des gardes-fou où il est plus facile de repérer un comportement abusif que dans un champ. Et puis de nouvelles drogues sont apparues comme la MDMA. Il y a toute une génération, ceux qui ont entre 20 et 25 ans, qui ont découvert la fête à un moment où elle était en transition. Ce que j’aimerais, ce serait d’installer un studio d’enregistrement dans le club pour que les jeunes comprennent le processus de création d’un track, voir que les artistes se défoncent de moins en moins et que cela va dans le bon sens.

Je voudrais revenir sur un point que tu viens d’évoquer, concernant la montée en puissance de DJs superstars. A l’origine, la techno était un mouvement qui cherchait à prendre le contre-pied du rock, dans le sens où les rockeurs étaient des célébrités. On le voit avec les mecs d’Underground Resistance qui jouaient cagoulés, l’effervescence des white labels, l’apparition de masques anonymes derrière les platines, etc. Avec la scénographie particulière du DV1, on a l’impression que vous cherchez à fondre l’artiste dans le décor, à lui accorder moins de place visuellement pour focaliser l’attention sur la musique. Est-ce une vraie volonté de votre part ou bien est-ce juste une conséquence artistique de la taille du club ?

Les choses ont beaucoup bougé ces derniers temps et certains djs sont désormais d’aussi grosses stars que pouvaient l’être les gros noms du rock, même si Johnny restera toujours Johnny. (rires) Chez nous, l’idée n’est pas de minimiser la place de l’artiste mais au contraire de lui donner un soutien visuel. La scénographie n’est arrivée qu’en 2012, lorsqu’Yvan a repris le club et instauré le renouvellement de celle-ci tous les 3 mois pour faire vivre ce concept visuel, spécifique au club.

A priori on ne va pas en club pour voir, mais pour écouter. Maintenant le fait d’avoir une scénographie en mapping, créée par les WSK, met en avant un concept artistique nouveau. Tu n’as plus simplement un type debout derrière son DJ booth, il est absorbé par les murs du club. Il est dans les murs, il est dans l’identité du club. C’est comme regarder un beau tableau sans cesse en mouvement. Au DV1 on prend soin de tes yeux en même temps que de tes oreilles (rires).

DV1 WSK

Comment a évolué l’attitude, avec ce développement du « star system », à la fois des headliners et des jeunes qui se lancent dans le DJing, comment interagissent-ils avec les clubs ?

La dimension anonyme, aujourd’hui, est devenue marginale. Il faut bien comprendre le problème : la génération de DJ’s des années 1990 se bouffaient les doigts pour vivre. S’il n’y avait pas eu des clubs qui étaient là pour donner les moyens à ces gens de vivre correctement, ils n’existeraient plus. La starification et l’enrichissement – au sens noble du terme – des artistes étaient nécessaires. Dans quelle mesure elle l’est et dans quelle mesure elle devient un problème, c’est autre chose.

Beaucoup de jeunes cherchent à se lancer dans le milieu. Lorsqu’ils vont démarrer, ils voudront avoir leur nom aussi gros que celui du headliner, ils veulent les mêmes conditions. Pour l’instant tu n’as rien prouvé et c’est une chance pour toi de jouer dans un club, d’autant plus avec une belle tête d’affiche. Il est nécessaire de prendre son temps. Heureusement, la plupart des jeunes artistes ne sont pas comme ça (rires). C’est un métier difficile. La starification peut permettre à certains de vivre de leur art mais il ne faut pas oublier qu’ils sont très peu ! Nous, on cherche un équilibre entre vedettes et nouvelle scène qui franchement s’avère parfois aussi qualitative.

Comment vois-tu, d’un point de vue artistique, le travail des jeunes structures lyonnaises ? Quel est leur niveau, leur état d’esprit, leur(s) objectif(s) ?

De manière personnelle, un artiste est un bon artiste quand il a envie de faire plaisir aux autres et de se faire plaisir. Certains ont trop tendance à oublier qu’ils jouent devant un public. D’un point de vue technique, c’est très variable. Ceux qui vont vraiment y arriver seront ceux qui ont la bonne dose de motivation. Ils produisent, viennent mixer, écoutent les autres jouer, discutent avec nous et avec le public. Ceux-là se donneront les moyens de réussir, c’est typiquement le genre d’artiste que nous souhaitons soutenir.

C’est aussi pour ça que nous avons monté notre propre structure, DV1-R, une équipe d’une bonne dizaine de DJ’s de registres différents. On a des jeunes comme le duo DudMode ou Dial, des plus expérimentés comme D’Jamency, Alex K, Sy Elle, Sonarone et les autres. Quand tu les entends jouer, tu ne peux pas ne pas aimer, car ils sont là pour faire danser les gens, et ils comprennent tout de suite comment s’y prendre. C’est leur métier. Un bon artiste, c’est un artiste festif et qui se donne.

A ce propos, quelle est la réelle motivation derrière une organisation comme DV1-R ? Est-ce plutôt de créer un tremplin pour les jeunes pousses, ou au contraire de fédérer les artistes autour du club ?

Le but c’est de les fédérer, clairement. On fait des soirées DV1-R une fois par mois, et au lieu de travailler sur un schéma classique de deux à trois heures de set par artiste, on préfère les faire jouer quarante-cinq minutes à une heure chacun. Cela les oblige à s’écouter les uns les autres. Ils prennent énormément de plaisir à jouer ensemble, et en même temps apprennent à tirer profit de cette bonne ambiance et des expériences des autres. Ils se découvrent à chaque fois un peu plus. La DV1-R cherche à jouer là-dessus.

À terme, est-ce que l’objectif pour le DV1 serait de devenir un label de production, mettre en place un studio d’enregistrement, développer ce pôle qui viendrait compléter le club ?

Pourquoi pas ! (rires). Des choses sont dans les tuyaux en tout cas.


Encore merci à Matthis pour le temps qu’il nous a accordé. Nous remercions aussi toute l’équipe du DV1 pour avoir rendu cet article possible. Vous pouvez retrouver plus d’informations et l’ensemble de leur programmation sur leur page facebook ou sur leur site officiel.

Avis sur le DV1
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Informations pratiques

Tarifs : Entrée 5€/12€
Adresse : DV1 Club, 6 Rue Roger Violi, 69001 Lyon
Horaires : Jeudi vendredi samedi : 00h00 – 06h00

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