Nombreux sont les groupes qui défilent aujourd’hui avec l’étendard « psychédélique » flottant derrière eux. Car ce n’est un secret pour personne, les années 2.1 ont vu apparaitre un véritable retour en grâce de ce genre apparu dans les sixties. Seulement, en 2015, que signifie ce mot si galvaudé ? Pas grand-chose en fait, sauf du coté de quelques rares formations, dont les Blondi’s Salvation.

Originaires de Nantes ou d’une campagne des environs, ces musiciens composent des chansons à la croisée des chemins du Brian Jonestown Massacre et de la world music, voire même du folk médiéval. Nul besoin chez eux de cultiver le mystère : photos de vacances, de leur studio, de concerts… Leur page Facebook regorge d’informations sur leur compte. Il y a néanmoins dans leur musique quelque chose de véritablement secret, d’impalpable. Tout semble s’articuler autour d’un seul et même mantra : un mysticisme emprunt de références moyenâgeuses et de philosophie orientale.

Ici, pas ou très peu de synthétiseurs ni de machines, seulement des instruments acoustiques. Guitares, sitars, bouzoukis, et on en passe. Le bois contre le fer, le toucher des cordes en réaction au virtuel.

Consciemment ou non, les Blondi’s Salvation ont fait de leur musique une sorte de révolte contre les écrans. À l’écoute de leurs trois albums (un par an depuis 2013), la cohésion et l’esprit de groupe se ressentent de manière viscérale, et seul semble compter le plaisir de jouer, l’union.

Et tandis que les cordes se frottent, que les percussions martèlent, que la voix psalmodie, l’auditeur se perd dans des contrées inconnues. C’est peu de dire que les Blondi’s Salvation sont d’excellents musiciens : mélodies orientales, changements de tempo, harmonies mystiques… Le groupe, par le simple toucher de ses instruments, nous ouvre un portail vers un monde nouveau. N’est-ce pas le but de toute musique que de faire voyager celui qui l’écoute ? A l’évidence, si. Seulement là, contrairement à un grand nombre de leurs contemporains, tout vient de l’homme. Et, coïncidence ou non, leur dernier single s’intitule justement Human Hymn.

Ce dernier se trouve sur l’album Wisdom Whisper, paru le 13 novembre et dont la sortie a été, vous pouvez vous en douter, occultée par les évènements survenus ce jour là. Sorti chez Howlin Banana, l’album – disponible en vinyle et en CD -, contient onze titres de haute facture.

C’est une chose avérée, et même étymologique : le psychédélisme est avant tout la recherche du soi, toute idée de révolte n’étant au final que secondaire. Champignons dans l’oesophage, feu de cheminée et odeur boisée des instruments : tels des chamans indiens, les Blondi’s Salvation guident le trip. Ici, on est en quête, on creuse, on redécouvre que l’homme a une âme. Et putain, ça fait du bien.