Bienvenue dans notre nouveau banc d’essai, section dans laquelle nous testerons semaine après semaine des instruments, du matériel DJ, du hardware pour le studio ou la scène, et tout ce qui vous aidera à vous retrouver dans la jungle du marché du matériel musical. Pour commencer, nous nous attelons à un contrôleur DJ autonome : le Pioneer XDJ RX.

Résumé du test
  • Fonctionnalités (écran, utilisations, etc...)
  • Sensations analogiques
  • Sensations 2.0
  • Compatibilité du produit
4

Contrôleur plus plus

Un des derniers produits de Pioneer, ce contrôleur est à l’image de la politique récente de la marque : résolument tourné vers le digital et Rekordbox, le logiciel maison. Néanmoins il reste ouvert aux technologies analogiques, grâce à une bonne compatibilité de la machine, et permettra aux réels amateurs d’approfondir leurs techniques de mixage.

Marchand FRPrix €
Woodbrass 1429,00
Star’s Music 1429,00
Thomann 1429,00
Amazon 1449,00

Le djset a, selon les sources, été inventé par les premiers soundsystems de reggae en Jamaïque, ou dans le Bronx à New-York pour les besoins des groupes de hip-hop, avant d’être généralisé dans les clubs disco noirs de la même ville dans les années 70. Cette technique consiste à passer les morceaux d’autres artistes en soignant les transitions, parfois en ajustant leur BPM (battement par minute) au même tempo – turntablism. Le scratch est plus tard introduit par DJ Grandwizard Theodore, dans les années 80.

Le set-up classique pour un djset se compose d’une table de mixage – ou mixette, ainsi que de deux platines – cd, vinyle, ou digitales. On peut également utiliser un ordinateur, avec ou sans contrôleur, qui permet de piloter un logiciel. Sur ce produit, Pioneer a choisi de rassembler deux platines digitales et une table de mixage, permettant ainsi le mixage sans ordinateur, mais également, via un link USB, le contrôle d’un ordinateur.

pioneer xdj rx test

Pioneer XDJ RX : Présentation du contrôleur

L’objet est donc divisé en trois parties : à gauche et à droite, l’équivalent de deux platines XDJ-1000, et au centre, l’équivalent d’une petite table de mixage DJM-1000. Pour les platines, les éléments habituels de Pioneer sont là : à gauche, les boutons Play/Pause, CUE – qui permet de caler le démarrage du morceau, avance/retour et avance rapide/retour rapide, comme sur n’importe quel lecteur ; le pitch, ou ajusteur de tempo, en bas à droite, et le créateur de boucle, en haut à gauche.

La table de mixage reprend exactement les mêmes codes que la série des DJM : en bas à gauche, les réglages du casque – master/cue et volume ; au milieu deux voies avec égalisateur basses / médiums / aigus, potentiomètre pour les effets, que l’on peut sélectionner à gauche sur les boutons bleus – effets pré-réglés, ou sur la colonne de droite – effet réglables. La nouveauté est le positionnement de l’indicateur du volume « master », placé au centre, en dessous du sélecteur qui permet la navigation dans les morceaux, via l’écran.
Une entrée micro vient compléter l’objet, pour ceux pour qui les soirées au Macumba riment avec classe, ou ceux qui ont un peu d’autodérision.

Les habitués du matériel Pioneer ne seront donc pas perdus dans la prise en main de ce contrôleur complet, plutôt haut de gamme, bien qu’à un prix inférieur à l’achat d’un set-up complet – entre 2 400€ , pour les modèles d’entrée de gamme, jusqu’à 6 000€ pour une table de mixage DJM-2000 et deux platines CDJ-2000.

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pioneer xdj rx avis

Les points forts Pioneer XDJ RX

L’intérêt de ce contrôleur réside dans son autonomie analogique. On peut en effet l’utiliser sans ordinateur, ce qui facilite le réel apprentissage du djset, avec un ressenti « physique » du mix. Les branchements intelligents permettent également de connecter deux autres platines, CD ou vinyle, une prise terre (signal ground) étant même incluse. En sortie, on peut au choix brancher ses enceintes en XLR, RCA ou jack, voire les trois à la fois, ce qui permet de sonoriser une salle complète, ainsi qu’un « booth out »– caisson de retour.

L’utilisation du logiciel Rekordbox permet d’aller très loin dans le mixage, puisque les morceaux sont analysés par le logiciel. Leur BPM, leur tonalité ou leur genre sont ajoutés aux informations classiques du morceau, grâce à une base de données de la marque, collectée par le Pioneer Kuvo, système de reconnaissance des morceaux en club. On peut ainsi créer jusqu’à quatre boucles sur un morceau, pour en mixer plusieurs parties. L’écran LCD affiche simultanément les informations des deux lecteurs, la forme des morceaux et même les grilles rythmiques.

L’idée évidente derrière ce logiciel est d’automatiser au maximum la transition entre les morceaux, ce qui enlève une bonne partie du plaisir du mixage mais permet aux débutants de s’amuser sans se prendre la tête. Les points Hot Cue permettent par exemple de repérer directement l’endroit des morceaux qui fera le meilleur départ.

Autre avantage : les deux slots USB permettent une transition sans problème entre deux DJs. Le slot de droite est même plus intelligent, car il permet la lecture et l’enregistrement simultané du mix sur la même clé USB – dans la limite de stockage de la clé, bien évidemment. Deux prises casques sont également prévues, mais une seule avec un jack de 5 mm, l’autre étant pour 3,5 mm.

pioneer xdj rx

Points faibles du Pioneer XDJ RX

On regrette ici la sensibilité du jog, qui permet le scratch et le calage des morceaux, mais qui n’est pas mécanique, contrairement aux modèles CDJ dont c’est pourtant déjà un défaut. Comme sur tous les modèles de platines Pioneer, on regrette aussi la précision du pitch, qui devient très aléatoire au dessus et en dessous de 4, malgré l’affiche décimal du BPM. Il n’existe pas cette fois-ci de bouton de retour au pitch initial, ce qui n’arrangera pas les DJs hip-hop. Censée être un des avantages du digital, le calage du BPM devient donc difficile pour les amateurs, qui préféreront presque apprendre à caler leurs morceaux avec des vinyles.

On notera également l’absence de lecteur CD ce qui, pour un matériel de ce prix, aurait été un détail appréciable, mais qui rentre dans la logique de la marque sur un passage au tout digital dans les prochaines années. De même, malgré la compatibilité avec des platines externes, la table de mixage ne comporte que deux voies, et on ne pourra donc utiliser plus de deux platines à la fois – celles intégrées comprises.

Enfin, malgré ses avantages, le logiciel Rekordbox présente l’inconvénient d’avoir un temps de traitement des fichiers extrêmement long, surtout la première fois qu’on traite une discothèque de 20 000 titres. Il faut en effet compter plusieurs heures pour une centaine de fichiers, ce qui reste compréhensible vu la masse d’informations à collecter. Une fois traités, les morceaux présentent tellement de facilité à mixer qu’il en devient tentant d’être feignant dans le mixage – la fonction Autoloop permet par exemple de créer une boucle automatique à la fin des morceaux, pour ne jamais être pris au dépourvu.

Dans la navigation sur l’écran de contrôle, on note l’absence de bloqueur du morceau en lecture, ce qui pourra entraîner des accidents, mais fait partie des risques classiques du métier. Malgré sa taille, l’écran est vite limité, dès qu’on navigue dans le contenu des clés USB.

Conclusion

Le Pioneer XDJ RX est donc un contrôleur fait avant tout pour les amateurs désireux d’acquérir les techniques de mixage sans dépenser une fortune. On peut switcher aisément entre une utilisation facile (autosync et boucles automatiques), et une plus avancée (utilisation de platines externes, boucles, etc).

Les effets sont du niveau des tables de mixage DJM et plairont donc aux utilisateurs de ces tables, tout en familiarisant les nouveaux venus aux modifications du son apportées par le flanger, la reverb, l’écho, etc… Mais resteront opaques à ceux qui préfèrent pour cela les modèles de Xone. Malgré son appellation de « contrôleur », cet outil offre une prise en main de qualité proche de « vraies » platines, même s’il ne restera pour les amoureux du mix qu’une étape avant l’acquisition de platines vinyles.

Et vous, quel est votre matériel préféré pour le mixage ? Contrôleur ? Ordinateur ? Platines ? Puisque c’est notre premier banc d’essai, n’hésitez pas à nous faire part des instruments, micros ou hardwares que vous aimeriez voir testés ici.

Chronique en partenariat avec Star’s Music.

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Woodbrass 1429,00
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Glossaire :

hardware: matériel en « dur », c’est-à-dire matériel ou instrument physique, en opposition au software, instrument (ou logiciel) virtuel

scratch: technique consistant à isoler un son du vinyle et à le jouer plusieurs fois, en alternance avec un dérapage du diamant de la platine, le « scratch ».

CUE: littéralement « le suivant dans la liste ». Bouton qui permet de choisir le moment de démarrage d’un morceau.

XLR : appellation des embouts destinés au micro

RCA : câble « rouge et blanc »

jack : câble classique pour guitare ou casque, ayant deux tailles d’embout selon les modèles.

BPM : battement par minute d’un morceau

jog : plateau d’une platine qui permet d’imiter le mouvement d’une platine vinyle, en contrôlant le mouvement du disque / morceau

pitch : régulateur de la vitesse d’un morceau.

loop : boucle, créée en direct ou en amont du mix.

djset : enchaînement de morceaux sur différents supports (digital, cd, vinyle…) à l’aide d’une mixette et, parfois, des mains.

back to back : djset à plusieurs, littéralement fesses contre fesses.