Le magazine de référence sur les nouvelles tendances musicales Tsugi se lance dans une nouvelle aventure, en proposant à ses lecteurs une webradio avec peu de programmes mais beaucoup d’exclusivités.

En huit années d’existence, le magazine est devenu incontournable dans le milieu de la presse spécialisée, en dénichant des nouveaux talents dans à peu près tous les styles musicaux : house, techno, rock, hip-hop, experimental.. À travers cette extension, la rédaction se chargera de mettre en avant les artistes défendus par le support papier, tout en incluant les dernières sorties, des inédits, des découvertes d’album, les coups de cœur du moment, des retransmissions de festivals (Pitchfork, Transmusicales), etc.

L’autre bonne nouvelle, c’est la participation du quotidien Libération qui se chargera d’animer la webradio tous les vendredis soir à partir de 20h. L’occasion également d’écouter les grands classiques techno et house à travers une playlist diffusée en continu, mais qui sera renouvelée et remise à neuf régulièrement pour correspondre à l’actualité.

L’ouverture des portes est annoncée ce lundi 12 octobre sur Tsugi.fr, sans oublier une émission spéciale en directe des nouveaux locaux du magazine, le 22 octobre prochain. On en a profité pour s’entretenir avec Antoine Dabrowski, collaborateur pour France Inter et actuel directeur d’antenne de Tsugi Radio.

 

Bonjour Antoine, merci d’avoir accepté cette interview. On est ici pour parler de Tsugi Radio. Comment t’es-tu retrouvé à travailler sur ce projet ?

Je travaille à France Inter depuis plus de 15 ans et je suis venu trouver l’équipe de Tsugi au début de l’année, avec l’envie de travailler avec eux sur un format plus musical. On a réfléchi ensemble à la manière dont on pourrait allier nos forces et très vite l’idée de monter un webradio a germé : entre mon expérience en radio et les oreilles des collaborateurs de Tsugi, toujours à l’affût de nouveaux sons, on s’est dit qu’on avait de quoi faire une sacrée programmation !

Ces 5 dernières années, plusieurs webradio ont vu le jour avec plus au moins de succès. Qu’est-ce qui vous différencie d’un Rinse.FM ou d’un Radio Marais ? 

Tu oublies « Beats », la radio d’Apple Music ! Je crois que les gens sont un peu revenus du côté « sois ton propre DJ » sur YouTube ou Spotify. Ils ont à nouveau besoin d’être guidés dans la jungle des sorties musicales. Et si Apple est allé débaucher des gens comme Pete Tong de BBC Radio 1 pour monter la radio Beats, c’est sans doute qu’on entre dans une autre ère de l’offre musicale sur Internet, où les prescripteurs que sont les journalistes ou les programmateurs radio ont à nouveau toute leur place.

Mais pour répondre à ta question, la Tsugi Radio ne sera ni une radio de DJ sets, ni une radio de talk. Ce que nous voulons offrir à nos auditeurs, c’est une radio musicale qui diffusera 80% de nouveautés. Avec en plus la souplesse que permet le web par rapport aux radios classiques : dès que l’un d’entre nous repèrera un morceau, on pourra l’entendre presque immédiatement à l’antenne. Et puis nous passerons aussi des classiques, soit les tubes des musiques défendues par Tsugi : Inner City, Aphex Twin, Kraftwerk, les premiers titres de Laurent Garnier ou Phoenix.

Est-ce qu’on peut dire concrètement que Tsugi Radio sera une extension du magazine ? 

Oui bien sûr. La Tsugi Radio c’est la bande son de Tsugi. On mettra en avant les choix du magazine et à terme, quand nous serons lancés, j’aimerais qu’on enrichisse l’antenne avec des chroniques, des interviews, des reportages, pourquoi pas une revue de presse musicale ou même une chronique culinaire ! La Tsugi Radio c’est un nouveau terrain de jeu pour l’équipe du magazine.

J’ai entendu dire que vous aviez demandé à de jeunes artistes de composer des jingles. Qui sont-ils et surtout, comment vous est venue l’idée de les contacter ? 

On tenait à offrir une nouvelle fenêtre d’expression aux artistes et aux labels que nous soutenons, qui sont pour la plupart indépendants, à une époque où l’espace consacré à la musique sur les médias traditionnels se réduit comme peau de chagrin. Je voulais que les artistes s’approprient la Tsugi Radio autrement que par des podcasts. Alors l’idée m’est venue de leur demander d’imaginer notre habillage musical, en référence aux genres qui sont chers à nos cœurs : la house, la techno, l’ambient, le hip-hop…

Les premiers à avoir répondu à l’appel – et j’en profite pour les remercier ici – sont Louise Roam qu’on voit sur scène avec Saycet et dont le premier EP « Raptus » m’a fait craquer, le plus mexicain des parisiens Cubenx dont le nouvel album sort bientôt, et Gordon, la nouvelle coqueluche de la techno made in France adoubée par Laurent Garnier en personne ! Mais avec le temps j’espère en récupérer d’autres : Maud Geffray de Scratch Massive, Jennifer Cardini, la team Kill the DJ…

Est-ce qu’on peut s’attendre à quelques exclusivités ?

Les vendredis et samedis soir, on passera aussi quelques DJ sets en allant piocher dans l’immense catalogue constitué par Tsugi depuis 8 ans. Il y a des choses exceptionnelles de Plastikman, Rone, ou Planningtorock. Nous ferons aussi des émissions en direct de grands événements : on en fera une depuis les nouveaux locaux de Tsugi pour le lancement de la radio, et puis une en direct du Pitchfork Music Festival.

On va aussi organiser des journées spéciales autour de la sortie d’albums qu’on aime. La première, ce sera vendredi 16 octobre autour des new-yorkais de !!!. Toute la journée, les auditeurs pourront découvrir l’intégralité de leur irrésistible nouvel album « As If », et ce sera aussi l’occasion de réécouter quelques tubes du groupe.

Un dernier mot pour conclure ?

Ce qu’on aimerait c’est renouer avec l’esprit des radios libres, voire des radios pirates à l’anglaise : on viendra sur la Tsugi Radio pour écouter l’actualité musicale dans toute sa diversité. Chez nous pas de quotas ! Il y aura bien sûr des artistes qui chantent en français comme Feu! Chatterton, mais on voudrait aussi se faire l’écho de l’incroyable dynamisme de la production française, souvent boudée par les médias parce qu’elle s’exprime en anglais ou fait de la musique instrumentale. On aura peut-être du mal à atteindre les quotas de 30% de chanson francophone mais on sera au moins à 70% de production française. À bon entendeur !

Rendez-vous sur le site du magazine pour découvrir la fameuse Tsugi Radio.