Après un EP remarqué sur le très en vue label de Shanghaï SVBKVLT, Zaliva-D marque son retour dans la maison hollandaise Knekelhuis (De Ambassade, EYE), comme pour signer son allégeance aux labels aux noms imprononçables. 

Si on ne les verra pas cette année à l’affiche des Nuits Sonores, le duo audio-vidéo Zaliva-D n’a pas profité de cette saison creuse pour se la couler douce : les quatre titres de l’EP Immorality sont des petits tubes concentrés de percus, d’arythmies et de transes tribales.

Avec leurs boucles incantatoires, Long Journey et Sick Step lorgnent clairement du côté psyché de la force, comme toujours chez Zaliva-D. Les voix y sont shamanesques jusqu’à l’outre-tombe, et s’étalent dans un écho répété qui agit sur l’oreille comme l’oscillation d’un pendule. C’est ce qui contribue au weird habituel du duo de Pékin, dont la musique pas toujours facile à cerner reste pourtant imparable.

Sur Speed Of Faith, l’omniprésence des percus et l’accroissement du BPM rendent le morceau plus dansant et moins métallique, ouvrant une porte moins expérimentale dans l’ambiance globale de l’EP. Mais l’influ industrielle n’est jamais bien loin, et le titre suivant Immorality revient à des percus grinçantes qui montent irrémédiablement vers une transe de l’inconfort le long des six minutes du titre.

En mixant d’une manière toute personnelle la pesanteur du son, l’audace des samples de voix et les influences dites « traditionnelles », Zaliva-D s’inscrit parmi les artistes sur lesquel.les on aura hâte de danser dans un futur plus ou moins proche. En attendant, le reste de leur prolifique discographie est vivement conseillée à l’épluchure.