Bien que nous soyons habitués aux avancées inhabituelles des producteurs de musique électronique, il faut avouer que certaines d’entre elles ne manquent pas de surprendre. C’est le cas de la musique de SOPHIE, si déroutante qu’elle ne peut décemment être catégorisée dans un genre.

Prolongement naturel des premiers titres que l’on avait pu entendre de sa part, son premier album détermine avec précision les contours d’une musique qui veut s’affranchir de tout codes, aussi bien musicaux que sociaux, tout en prenant un virage créatif plus complexe, plus détaillé. SOPHIE nous aide à découvrir les fondations d’une musique « non-genrée », si tant est qu’elle existe.

Ainsi, du sombre et torturé Ponyboy aux délicates arabesques vocales de Is It Cold
In The Water?, nos émotions se voient remises en question et les bases même de
la musique pop se voient bousculées. On comprend donc aisément pourquoi les
figures des charts – qu’ils soient Charlie XCX ou Vince Staples – collaborent avec l’ovniesque SOPHIE.