Caché en plein coeur de Munich, le label RFR Records s’érige tel le bastion d’un style de vie mêlant IA et musique électronique. À la fois branché et pointu, le label se définit comme à la fois la maison de Shiva, un drone cybernétique bancale, et la senteur d’une techno abstraite et groovy.

Leur prochaine sortie nous a tapé dans l’oeil, notamment le morceau de Steril, Subtronic. À la première écoute, on sait déjà qu’il sera délicieux. Quelques notes de synthé lancent la course, suivies d’un rythme breakbeat léger et d’une voix robotique mystérieuse qui articule en guise de mélodies une série de syllabes finissant de nous séduire. Le subtronic serait une dimension nouvelle, une house robotisée aux airs de Kraftwerk rencontrant Derrick Carter dans une rame de métro londonienne. Steril marque définitivement le retour de la techno breakée et de la fascination pour les circuits imprimés parlants.

Pour ce qui est du reste de l’EP, DjMag s’est emparé du titre de Zenker Brothers, un morceau très chargé, aussi bien en consonnes qu’en intensité. Schwirbler est une espèce de broyeuse en voie de disparition, une machine de guerre à rouages mécaniques sans âme ni répit. Jelly3000 ne sera pas celui qui désamorce la bombe, bien au contraire il explose la performance en lançant la machine infernale sur un tapis roulant, avec des montées d’acides alternées par des redescentes cloudy. Le titre est en écoute sur Trax. Le dernier morceau avant la cerise, c’est Kessel Vale avec Stroke. Sombre et très breaké, il semble nous arracher à notre corps, étirant tout les membres de part en d’autres. La faille est atteinte, désenclenchant toute rationalité de notre environnement.