Pas toujours évident de trouver un album qui fait l’unanimité dans le petit monde de l’électronique expérimentale. Mais voilà que, toute en productions léchées et touches expé savamment dosées, Nkisi est en train de rafler toutes les victoires de ceux qui écoutent vraiment la musique.

Sorti sur le label UIQ de Lee Gamble (qui a aussi pressé le dernier Zuli, qu’on vous conseille tout autant), son premier album 7 Directions endosse la tâche plutôt ardue de faire tâter la polyrythmie à la musique techno. Pourtant, la mélodie toute faite de drums de III, ou les à-coups métalliques combinés aux multiples couches de percus de IV laissent à croire que l’harmonie de cet album a coulé de source pour la productrice. Nkisi invoque ici les percussions traditionnelles du Congo pour les faire fusionner avec une des musiques les plus occidentales qui soit, et l’alchimie fonctionne.

Cette fluidité avec laquelle se combinent des bases techno à des structures polyrythmiques est impressionnante dès la première écoute de l’album. Tout en structurant l’imaginaire de ses titres autour de la cosmologie africaine des Bantous, l’ambiance entière de ce mini-album reste teintée de lenteur et d’une impression d’apesanteur, malgré des BPM qui grimpent parfois haut. Un tour de force qu’on pourrait attribuer aux recherches de l’artiste sur la psychoacoustique (ndlr: la perception et les effets du son sur les comportements humains), mais on préfère ne pas faire dans le cartésien et simplement vous dire que 7  Directions est l’un des meilleurs albums qu’on ait pu entendre en ce début d’année.

« The beauty of music is that it’s like liquid architecture. »
Niksi chez Tiny Mix Tapes