On sait assez peu de choses de Lucy Duncombe, écossaise inconnue au bataillon, qui décrit son premier album comme ayant été écrit durant la « convalescence du confinement ». Auto-produit et sorti en cassette, l’album The Rapture of Cellular Accretion dévoile une electronica dépouillée dans un projet hautement symbolique, mais qui se déroule sans la prétention à laquelle on pourrait s’attendre pour une sortie de ce type.

La voix est l’outil principal de tout l’album, construisant une ligne d’expérimentation autour de l’instrument vocal qui n’est pas sans rappeler Björk et consorts. Mais explorer les limites du possibles et du distordu ne semble pas être l’objectif de Duncombe, qui tend plutôt à chercher l’harmonie, voire un certain sens de la ballade dans ses morceaux. Qu’elles soient distordues ou surpitchées, les voix modifiées restent d’une grande douceur, donnant lieu à une electronica sublimée par une sorte spoken word modulaire.

The Rapture of Cellular Accretion est aussi accompagné d’un texte du même nom, écrit par l’artiste Al White. Les mondes et les dérives du partage de la musique en ligne y sont abordés, de l’autoplay des playlists youtube à la présence constante d’une matière musicale trop énorme pour qu’une seule personne puisse l’absorber. Duncombe lui donne le nom « d’accrétion » – soit le processus d’accroissement d’un corps agglomérant toute la matière autour de lui. Un terme normalement utilisé dans les domaines de l’astrophysique et de la géologie, qui prend pourtant tout son sens dans la culture internet, pour ceux d’entre nous dont la passion est aussi une quête musicale sans fin, dont on sait qu’on ne viendra jamais à bout.

Habituée des projets multimédias et transmédias, Lucy Duncombe a également participé à la bande sonore du court-métrage écossais How The Earth Must See Itself, projet un brin new age, centré autour de l’idée de remettre l’humain à sa place dans la nature. Tout un programme de yoga le nez dans l’herbe qu’on vous laisse apprécier ci-dessous.