Lala &ce est une rappeuse lyonnaise exilée à Londres depuis deux ans dont la vision entière de la musique en a déjà conquis plus d’un. Elle a commencé à faire du son sous codéine en ralentissant des hits US de Future ou Lil Wayne, avant de se prendre au jeu du mix et de poser ses premiers sons sur Soundcloud. Elle traîne avec Jorrdee et devient vite membre du crew 667, sur lequel elle produit son premier EP l’an dernier, En attendant xx.

L’EP déploie une esthétique intrigante, séduisante dès les premiers couplets. La voix androgyne vocodée de Lala &ce transperce le beat sans se l’accaparer, le style est nappeux, venimeux.

Ses productions s’inspirent du cloud et de la trap, suivent la trace de la vague américaine du rap codéiné à la Lil Peep. Clairement identifiée dans le clan lyonnais 667, elle utilise les mêmes méthodes de production : des vocales murmurées et étouffées par des effets de distorsion, dont on distingue à peine les mots, pour un effet brumeux total. On y retrouve aussi 8 Temps, un featuring avec Jorrdee en closing de l’EP : un morceau plus dance, au beat rythmé, évoquant une idylle entre prostitution et rencard malfamé.

Dans En attendant xx, les titres sont courts, deux à trois minutes, et tournent autour du thème de la séduction et de la dope. Que ce soit une simple envie de voir un mec, stalké auparavant dans le bus ou Instagram, le réveil après une nuit torride la tête entre ses jambes, les soirées à danser sans s’arrêter… Toutes les occasions sont bonnes pour que Lala pense au sexe opposé. La drogue est aussi omniprésente, entre joints, pilules et poudre, toutes les formes sont autorisées.

« Drogue dans la pocket comme Polly, je cons’ Holy Water dans mon lit, le shit est doux comme un Furby »

Exilée à Londres depuis deux ans, elle dit y trouver une meilleure adéquation entre sa musique et la scène locale, où l’ouverture musicale serait différente. Bien que ses paroles soient en français, Lala&ce trouve son public en Angleterre et commence à se faire voir dans les médias d’outre-Manche. Plus proche d’une esthétique US, son flow résonne sur les ondes de Brick Lane. Elle y a croisé la route de Coucou Chloé qui, dans un autre registre, suit le même chemin qu’elle dans l’ascension du game britannique.