Mistress Recordings est le petit fantasme de DVS1. Sub-division de son label Hush, la ligne directrice de cette écurie est de sortir des releases un peu en marge des sentiers battues. On est très loin de releases expérimentales, mais il s’agit là d’un bon terroir à pépites, ce genre de pépites à la structure yahourt un peu unique, qui nous font vriller en club.

Juxta Position, alias techno sombre d’un Marquis Hawkes qu’on apprécie beaucoup chez nous, sort cette semaine son deuxième EP chez Mistress Recordings. Le premier, sorti à l’inauguration du label en 2013, avait vu sa track « Mercy » sortir du lot. Bien accueilli par la critique, ce n’est que deux ans plus tard que Juxta Position nous offre son successeur, sobrement intitulé « Vol.2 ».

La première track, « Speaking in tongues », nous interpelle et surclasse allègrement ce que l’artiste nous avait offert jusqu’à présent. On apprécie tout particulièrement son synthé lo-fi embelli d’un side-chained à la release longue – l’effet pompe – du plus bel effet. Les rythmiques prennent par la suite le dessus sur cette longue track de 10 minutes qui nous rappelle un peu certaines productions de l’allemand Christian Vogel, en plus accessible. C’est très clairement la track phare de l’EP, de part sa longueur, son originalité et son efficacité.

Les autres morceaux sont beaucoup plus classiques mais néanmoins efficaces. « Pacemaker » est une démonstration de techno lourde mêlée à une petite mélodie bass groovy, ce qui en fait plus une track de club que de salon. « Sweatbox » est elle aussi une track de club, mais un peu plus sombre et subtile, et avec ce qu’il faut d’envolées acid pour lui donner une relative efficacité sur de multiple terrains.

« Reincarnate » clôture l’EP avec un jeu harmonique beaucoup plus présent, et on apprécie l’effort de cette track de se démarquer de ses consœurs. Cependant, là où « Speaking with tongues » est d’une efficacité remarquable, les synthés de cette finish track sont un peu trop grincants, et les rythmiques  trop étouffées pour vraiment nous convaincre.

En somme, un EP efficace même si marqué par l’hégémonie écrasante de sa première track, qui fera son apparition à coup sur dans certains DJ-set aventuriers. On apprécie également les autres, mais on profite surtout de cette occasion pour redécouvrir l’excellent catalogue de Mistress. On pourrait citer tellement de releases qu’on vous encourage à aller fouiller par vous même, en vous recommandant tout de même la dernière de Asok.