Jo’z fait parti de ces artistes qui ont beaucoup de cordes à leur arc mais attendent le bon moment pour sortir leur projet. Sorti fin septembre, Debord Discal est le premier EP du producteur marseillais, déjà bien connu de la scène locale depuis la création du collectif D-Mood qu’il a co-fondé.

Avec le constat d’une scène house peinant à trouver des adhérents dans la cité phocéenne, Jo’z et sa bande de copains passionnés créent leur collectif dédié à ce style il y a quatre ans. Le projet se transforme rapidement en label, sur lequel ils publient deux EPs.

Quand le break s’amplifie et les basses se réveillent, vous pouvez être sûr que Jo’z y est pour quelque chose. Producteur hyperactif, Jo’z explore la musique dans tous ses sens, et publie régulièrement les démos de ses explorations abletoniesques. Choisir une mélodie ou un thème parmi toutes ces démos semble être le dilemme du producteur, qui commence heureusement son traitement avec la sortie de ce premier EP hébergé par le label parisien Chat Noir, radar des producteurs house de l’Hexagone.

Certainement contagieuse, la house de Jo’z nous rend tout de suite addict à ses plages sonores groovesques. Answering Machine commence avec un bouquet de samples, comme une conversation entre des voix collées les unes aux autres, où l’on se plait à inventer une histoire commune entre ces personnages digitaux.

OK Atari fait sonner le synthé acid à plein régime, le groove est irrésistible, il nous embarque avec un temps d’avance. Sans aucun doute le hit track de l’EP qui réveillera un public à toute heure. Le cut en plein milieu nous laisse renouer avec l’instant, et l’on comprend par la suite que Jo’z aime bien jouer avec la pression rythmique, sans jamais la laisser s’échapper.

La banque de samples de Jo’z fait distribution de billets sur Debord Discal. Pour ce troisième titre hip-house survolté, il rend hommage à DJ Magic Mike qui clamait au monde d’essayer la nouvelle sensation « Drop the bass. » On reconnaît l’habilité d’un Mall Grab ou d’un Sweely, qui savent aussi bien placer leurs cuts que leur humour dans leurs compositions.

On change encore de registre sur le dernier track, avec cette fois-ci des influences trance qui reviennent dans les set de closing de nos soirées clubs pré-Covid. Cinq minutes de balade dans un jardin botanique au petit matin, avec le cri d’un oiseau non identifié qui enchante la contemplation en milieu naturel.

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