Umami veut dire ce qui est savoureux en japonais et c’est un titre parfaitement choisi pour le deuxième album de Folamour, sorti le 29 septembre dernier. Folamour, c’est le DJ lyonnais en train de redorer le blason de la house française partout où il passe, en Europe comme aux Etats-Unis. Composé de neuf titres, l’album est d’une diversité franchement rafraichissante, où l’on retrouve un ensemble de sonorités qui donnent comme l’envie de prolonger l’été.

La force de la musique de Folamour tient d’abord dans le fait qu’elle peut s’apprécier aussi bien chez soi que sur le dancefloor d’un club ou d’un festival. Comme pour l’EP précédent, il a sorti cet album sur le label Moonrise Hill Material, dont il est l’un des fondateurs avec Ethyene, Kaffe Crème et Okwa. Les morceaux résonnent comme une ôde à la culture japonaise – dont on lui connaissait déjà le goût -, mais pas seulement. Il s’y mêle aussi des intonations définitivement jazz, comme dans le morceau d’ouverture Night of Desirable Objects, dont les samples de piano et de vocals nous font déjà bien taper du pied. La transition fonctionne bien vers le deuxième titre tout aussi groovy, Y’all Right. Ce sont cette fois les drums et la trompette qui donnent un caractère soul et funk à ce morceau décidément très entraînant.

Avec les titres Petit Prince du Macadam et Kickfliping that Stuff, Folamour parvient à ajouter une tonalité hip-hop à cet album patchwork. Le beat est plus franc et toujours mâtiné d’une soul agréablement oldschool. Le très dansant Ivoire, single dévoilé avant la sortie de l’album, est quant à lui un petit bijou de percussions et sonorités africaines. C’est le morceau le plus festif de l’album, et il débouche sur les loops funk et plus organiques de la chanson Look at me or I’ll Steal Your Eyes. Pour compléter cette palette, le disco chaleureux de Devoted to U fonctionne à merveille, juste avant la house romantique du titre Oyabun. « Oyabun » signifie parrain en japonais et c’était déjà le nom de son précédent EP sorti en 2016. La boucle semble donc bouclée. Enfin, Jah Love clôture l’album et prend au cœur avec sa ligne de cymbales superbement associée à une batterie jazzy et une mélodie très charmante.

Vous l’aurez compris, Folamour offre un album à la partition éclectique, parfaitement mesurée et touchante. On apprécie vraiment la diversité des influences, l’association des genres et l’utilisation de toutes les ressources à sa disposition pour faire de ce neuf titres un album original et convaincant.