Voguant entre notes synthétiques froides et esquisses vocales un tant soit peu humaines, le dernier album de Bambooman est un vrai chef d’oeuvre. Bijou expérimental, brouillant les frontières entre le jour et la nuit, le naturel et l’artificiel, le lent et le rapide, le producteur nous emmène au coeur d’un monde qui ressemble à la Terre, mais dans lequel toutes les normes régissant la vie auraient légèrement changé.

Tout au long de l’album, chaque titre est une séquence qui explore aussi bien le chant des oiseaux (Bird Season) que les aspects du métal (Bronze), en passant d’un côté par la sensation de froid (Frost) et la liquéfaction (Melt). Pourtant, les notes électroniques dominent, les éléments sonores issus de la nature ne venant que souligner ces dernières.

Et si certains morceaux ne sont que pures expérimentations sonores, deux titres bien plus rythmés retiennent l’attention en cassant la dynamique qui a été construite jusque là : il s’agit de Static et de Louie. Si le premier emprunte, à la techno pure et dure, Louie explore la puissance des vocals pour construire une ligne mélodique qui reste longtemps dans les esprits. Le tout forme cependant un ensemble homogène, appartenant à la musique qui se contemple plus qu’elle ne se danse.