50 Weapons a fait grand bruit en cette fin d’année avec la sortie des 10 releases manquantes à cet arsenal de guerre pour afficher complet. Le duo géniteur Modeselektor – qui voulait cette entreprise comme une subdivision techno de leur label Monkeytown Rectods – a conçu ce final comme un grand repas de famille. Suffisamment festif pour que des invités viennent surprendre le cérémonial. Ainsi des artistes de premier plan comme Rodhad, Marcel Dettman ou Bicep viennent s’entrechoquer avec les anciens que sont Bambounou, Fjaak, Shed, Cosmin TRG ou Anstam sur les différentes galettes, arborant toutes des pierres tombales comme artworks.

Il faut dire que l’aventure dure depuis plus de dix ans maintenant. Il parait que c’est lors d’une soirée arrosée à Manchester que l’idée leur est venue, plus exactement dans la demeure de Shlom, fondateur du label Modern Love et propriétaire de Boomkat. C’est d’ailleurs à Manchester que nous avions pu assister à ce qui était sûrement la plus belle soirée de cette tournée de closing. Le show s’était avéré terriblement efficace, reste maintenant à évaluer la qualité des derniers cadeaux sous le sapin.

On retient avant tout les moments de gloire : Benjamin Damage nous offre « Battle », une track plus surprenante que l’ensemble de son récent album « Obsidian », sorti également chez 50 Weapons. Le français Bambounou confirme son statut d’étoile montante de la scène francophone avec « See you Soon », maîtrisé de bout en bout. Notre dernier grand coup de coeur est la track « Trees » sur lequel le duo Modeselektor conclut cette grande aventure, avec élégance, fierté.. et anxiété ?

current mood…

Posté par MODESELEKTOR (OFFICIAL SITE) sur mardi 1 décembre 2015

 

Sur le rang des déceptions, on ne saisit pas tout à fait le fétichisme de Cosmin TRG sur cette boucle à partir de laquelle il base son morceau. Quant à Truncate, il nous présente quelque chose d’étrangement similaire à « Subzero » de Ben Klock. Mais soyons honnête, il faut vraiment être pinailleur pour trouver un quelconque maillon faible.

Si toutes les tracks sont d’une puissance incontestable, reste que l’effet de surprise de l’ensemble n’est plus la. C’est peut être ici la force de 50 Weapons : s’arrêter avant de se répéter. Et quitte à s’arrêter, autant le faire bruyamment. Que ce soit par la Boiler Room de 12 heures qui tourne en boucle à l’heure où nous écrivons ces lignes – symbole d’une tournée aux line-up démentiels – ou par une box vinyle au même prix au kilo que votre foie gras du réveillon, 50 Weapons s’en va et veut vous le faire savoir.