Conceptualiser l’invisible, l’impénétrable. Mettre en lumière le cinéma d’Hsiao-Hsien Hou avec une exposition street art dédiée à son oeuvre, voilà le défi farfelu mais juste de La Cinémathèque Française.

La relation sino-taiwanaise est un perpétuel conflit. Du désir de rupture engendré par les Taiwainais, cette émancipation de Gargantua semble être en marche, bien que les tentacules de l’ogre continuent de tirer les épingles du jeu. C’est de ce contexte de rupture qu’Hsiao-Hsien Hou s’inspirera pour écrire un de ses plus grands succès, « La Cité des douleurs ». Son style est très naturel, les séquences sont souvent filmées en une seule prise, il capte l’instant, improvisant presque. Son dernier film « The Assassin » a reçu le prix de la mise en scène à Cannes et un Oscar, ce qui confirme l’originalité et la puissance émotionnelle de ses cadrages.

Deux artistes, ABK et SACK, ont donc été invités à s’exprimer autour de ce réalisateur hors pair, confrontant la culture française à la culture asiatique.

Alexandra Boucherifi multiplie les supports de création. Après avoir liquidé sa plume dans les magazines de mode, elle se mit à dessiner, sur un cahier, une assiette, des chaises, mais surtout sur les murs. Sous son pseudonyme ABK, elle aime jouer avec les symboles, s’inspirant du pop art comme ligne de conduite, mais aussi de la culture manga. Son dessert favori ? Une charlotte aux fraises tagada. Un bouquet de petit poneys par ci, la vague d’Hokusai arrosant Keith Haring par là, ABK n’a pas peur de mixer les genres et surprend par sa capacité à dresser des ponts là où le vide règne. C’est sans doute par cette qualité et son attrait pour la culture asiatique qu’elle a été choisie pour illustrer la rétrospective d’Hsiao-Hsien Hou.

ABK

De l’autre côté de la muraille, il y a Sack, son homonyme chinois. Arrivé en France pour étudier aux Beaux Arts, il imposera très vite un style à la fois engagé et poétique. Il s’inspire beaucoup des symboles de la culture chinoise dans ses œuvres, les détournant avec humour. Il expose régulièrement entre l’Asie et la France, jonglant entre ces deux cultures, ces mondes parallèles dont il met en lumière la ressemblance, comme dans son mural « Enter the Oeil ». Sack propose avec talent sa vision du métissage franco-chinois qu’il représente.

Informations pratiques :

Le vernissage de l‘exposition ABK SACK à La Cinémathèque Française se déroulera ce mercredi 2 mars à partir de 19h avec la présence des deux artistes. Il y aura également la projection du film d’Hsiao-Hsien Hou, « Poussières dans le vent » à 20h, réservation obligatoire. La rétrospective restera accessible à La Cinémathèque française jusqu’au 31 mars.

Adresse :
51 rue de Bercy dans le 12ème arrondissement
Métro Bercy (lignes 6 et 14)