Empreinte shoes, le parcours sans faute (de goût)
Il y a quelques jours, l’annonce tragique de la fermeture de la dernière usine de lingerie Lejaby de l’hexagone, au moment même où démarraient les festivités semestrielles de l’incontournable fashion week parisienne, a mis en lumière une nouvelle fois les conséquences cruelles des délocalisations en série. Concomitance sordide. Le faste exhibé sur les podiums jure avec la détresse de dizaines d’ouvrières jetées sur le carreau après des décennies loyalement passées le pied sur la pédale de leurs machines. Les licenciements en masse dans l’industrie de la mode ont depuis longtemps plaqué un filtre maussade sur les objectifs qui braquent les silhouettes dans les défilés. Le rejet s’installe peu à peu dans les consciences. Les bureaux de style recommandent désormais abondamment le « made in France », « l’artisanat » et le « savoir-faire ». Mieux vaut tard que jamais… Dans ce contexte, la ligne « Empreinte shoes » est un remède contre les risques de capitulation, son histoire est un délicieux réconfort…
Depuis 2010, au sein du projet entrepreneurial de sa famille, Anthony Le Bigot commercialise des semi montantes éco responsables fabriquées en Basse Normandie (à Barenton).
Créée en 1946 par Victor et Maximilienne (ses grands-parents), la société Vicmax (devenue Solidur par la suite) a mis des souliers sur le marché pendant des années, avant de se spécialiser dans les chaussures de sécurité. Décidé à exploiter le savoir-faire des équipes de l’usine familiale en matière de produits de mode, Anthony a travaillé pendant trois ans sur la création d’une ligne tendance. Look retro, qualité, efforts pour limiter l’impact sur l’environnement, respect du travail des hommes, production entièrement locale… la démarche d’Empreinte est indiscutablement du meilleur goût. Proposé dans dix huit coloris pour l’homme et dix pour la femme, le premier modèle de la ligne rappelle les mid des 50’s telles que la légendaire desert boot british de Clarks. Et pour cause ! Il s’agit d’une réédition de l’un des premiers shape commercialisé par la famille, de 1946 à 1970. Effet « madeleine de Proust » garanti !
Dès l’hiver prochain, Empreinte proposera une quantité de modèles supplémentaires (basses, bottes, etc) dont nous vous donnons déjà un petit aperçu ici.
Les plus sceptiques d’entre nous, lassés par les techniques véreuses de blanchissement par le marketing (greenwashing) des marques qui espèrent duper leurs consommateurs avec des discours badigeonnés de vert et un attirail de superlatifs écologiques, seront soulagés par l’authenticité des engagements d’Empreinte en matière de développement durable. Enfin un naming de produit qui tient ses promesses ! Cuir de vaches (élevées dans le Cantal et en Dordogne) soumis au tannage végétal sans chrome (réalisé à partir d’essences naturelles de chêne, d’acacia, de hêtre et de laurier), semelles composées en partie de caoutchouc recyclé, doublure notamment élaborée à partir de liège et de fibre de coco issus de déchets industriels (usine de panneaux isolants), emballage en carton recyclé… les attentions portées à l’environnement sont nombreuses.
Qualité (souplesse, confort, robustesse), style (esthétique vintage), responsabilité sociale et environnementale, prix alignés sur la concurrence (environ 120 euros pour une paire)… Empreinte shoes cumule les bons points et nous saluons le projet à tous les niveaux.
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